Mairie de Paris

"En route
pour l'an 2000...Ensemble"

FLECHE

Mesdames, Messieurs,

Permettez-moi d’abord de vous remercier de votre présence. Parmi les journalistes, je reconnais beaucoup de visages familiers habitués à suivre les activités de la Ville. Mais souhaitons aussi la bienvenue à nombre de journalistes représentant la presse spécialisée et aux personnalités du Conseil de Paris, du Comité d’Honneur ou aux Concepteurs de Projets qui ont été retenus par la Mission Paris 2000. Vous êtes très nombreux et, à l’issue de ce moment passé ensemble, autour d’un verre de l’amitié, vous pourrez à loisir découvrir autour de cette salle, un certain nombre de réalisations qui devraient voir le jour à l’occasion de la fin du Millénaire et de l’avènement du suivant.

Nous sommes à 753 jours de l’An 2000, que j’avais défini, le 25 Février dernier, comme un « effet », une « occasion » et une « compétition » lors de l’installation de la Mission Paris 2000. Depuis lors, nombreux, très nombreux sont ceux qui se sont adressés à cette structure pour proposer des initiatives répondant à l’ambition pour Paris, de mettre en valeur ses lumières, ses savoir-faire, ses talents et sa force d’attraction dans le cadre d’une compétition économique internationale tout en affirmant sa capacité à affronter les exigences de la solidarité.

Répondant à la double nécessité qu’impose Paris de mettre en valeur son histoire et son patrimoine, et d’affirmer sa modernité, son pouvoir de rêve, d’innovation et de développement, j’ai défini comme thème général de mobilisation et de rayonnement celui de : « Paris, Capitale des Lumières ».

Si, en 1900 et dans les années qui suivirent, Paris était consacré comme Ville Lumière sans « s » , dès la fin 99 notre démarche sera de nous définir comme :

- La Capitale des Lumières de la Ville

- La Capitale des Lumières de la Culture et de la Vie

- La Capitale des Lumières de l’Intelligence.

Les Lumières de la Ville

Comme vous le savez, il y a quelques jours j’annonçais l’ambition que nous avons de mettre en valeur l’atout maître de Paris : la Seine. Vous connaissez les détails des projets qu’avec le Port Autonome, l’Établissement Public des Voies Navigables de France, le Service de la Navigation de la Seine et la Brigade Fluviale, en liaison avec le Ministre des Transports, la Ville souhaite réaliser. Je n’y reviendrai pas. Vous vous en êtes faits largement l’écho, et je vous en remercie. Aussi, je souhaite que le fleuve devienne : l’Axe Majeur de l’An 2000.

Des fêtes multiples, avec les moyens fluviaux adaptés à leur réalisation (Fête des Tambours, Fête des Jardins, Grande Parade, ...), un nouvel éclairage du site sur toute sa longueur - du Parc André Citroën au Parc de Bercy - la mise en valeur et en lumières des installations indispensables au développement économique du Port Autonome (les grues, les sablières,...), l’amélioration des illuminations des bâtiments historiques qui bordent son étendue, sont autant d’actions nécessaires et prestigieuses. C’est à la fin de ce millénaire que les parisiens pourront se promener jusqu’au bord de l’eau à travers le Parc André Citroën, que la Maison de la Radio retrouvera sa vocation de grand lieu d’expositions comme le souhaitaient ses concepteurs dans les années 60, que le Grand Palais retrouvera sa Grande Nef réouverte à des manifestations publiques, que sera inaugurée la Passerelle de Solférino ouverte sur les Tuileries, que la nuit le promeneur ou les touristes découvriront à l’extérieur les rosaces et les vitraux illuminés de Notre-Dame et que s’ouvrira, triomphante, la Porte de l’Est.

Oui ! Paris s’éveillera à l’Est, avant la fin du Millénaire. Vous le savez, le 3 Mai dernier, j’ai annoncé le Concours européen d’Architecture pour une passerelle sur la Seine, entre la Bibliothèque Nationale de France et le parc de Bercy. Une liaison entre le 12ème et le 13ème arrondissement. Si Paris peut -comme l’a reconnu l’UNESCO en désignant notre fleuve comme l’un des éléments du Patrimoine Mondial de l’Humanité dans sa partie historique - être fier des traces laissées par l’Histoire au centre, par l’ère industrielle à l’ouest au début de ce siècle et jusque dans les années 70, il nous appartient de marquer notre modernité par la définition de nouveaux symboles.

Alors que dès l’année prochaine, la ligne Météor permettra de rejoindre Tolbiac-Bercy au Centre de Paris, les comportements de circulation des Parisiens changeront et nous devons, d’ores et déjà, programmer la mise en valeur de ses nouveaux espaces. Le Parc de Bercy, auquel s’ajoute le POPB, (où auront lieu en l’An 2000 les Championnats du monde de Patinage Artistique), l’École de Boulangerie, le Musée des Arts Forains, l’exploitation dynamique, par l’arrivée de nouvelles entreprises, de Bercy-Expo, l’ouverture de nouveaux hôtels et d’un complexe cinématographique, bénéficiera des nouveaux flux de population. Côté Rive Gauche, plusieurs manifestations mises au point par la Mission Paris 2000 et la BNF, le développement de lieux festifs ou de convivialité sur les berges, l’ouverture d’un grand centre multimédias, l’utilisation de la Halle SUDAC - l’ancienne usine distributrice d’air comprimé inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques - participeront à l’évolution du 13ème arrondissement. C’est, du reste, près de l’ancienne usine SUDAC, à l’entrée de Paris, que devrait être érigée, déjà parrainée par l’UNESCO, la Tour de la Terre dont la construction, estimée à 250 MF, serait assurée par des partenaires institutionnels et privés, une souscription internationale, et pour laquelle la Ville de Paris accepterait de fournir le foncier et les aménagements des abords. La « Fondation de la Terre » - qui devrait être créée à cette occasion - et dont la structure juridique reste à définir avec l’ensemble de tous les intervenants - serait propriétaire de la Tour et aurait pour objet son exploitation et la promotion de l’idéal que se doit de représenter un tel objet architectural. La Fondation intégrerait un Comité d’Éthique, auquel participeraient de nombreuses personnalités scientifiques aux côtés des partenaires du projet et des associations de proximité. Chaque 21 Mars, Journée Mondiale de la Terre, seraient décernés 3 prix, sur le modèle des Prix Nobel, qui récompenseraient une ou plusieurs personnalités, associations, collectivités, sociétés,... ayant oeuvré particulièrement pour la forêt, la Terre et les Hommes. Haute de 200 m, construite avec des bois des cinq continents, le projet « Tour de la Terre », qui accueillera sur 2500 m², à 100 m au dessus du sol, des expositions, des concerts, des restaurants et des promenades. Je souhaite que la Mission Paris 2000, en liaison avec l’ensemble des intervenants et les services de la Ville, termine dans les meilleurs délais l’ensemble des consultations pour réaliser dans les temps ce monument.

Comme vous l’aurez remarqué, j’ai été un peu long sur ce projet qui me parait symbolique. Soyez rassurés, je n’ai pas l’intention de vous exposer ici, avec autant de détails, les propositions qui m’ont été soumises par la Mission Paris 2000. Mais comme il s’agit, dans ce cas particulier, d’un engagement important, je souhaitais vous l’exposer avec un maximum de précisions.

En tout cas, je suis sûr que c’est en ouvrant la Porte de l’Est que Paris relèvera le défi de l’An 2000. Cette Porte de l’Est, où arriveront les touristes grâce à l’efficace exploitation du parc de stationnement, à Bercy, des autocars de tourisme, et au lancement d’un plan de circulation fluviale (batobus, batocars) liant l’Est et l’Ouest pour dégager une partie des encombrements que nous connaissons dans la traversée de Paris sur cet axe.

Pour en finir avec ce chapitre des « Lumières de la Ville », je souhaite aussi que la Mission suscite, comme elle a commencé à le faire, des partenariats privés permettant de mettre en valeur, par l’éclairage des bâtiments comme les grandes gares de la SNCF, les stations du métro aérien de la RATP, les sièges des grandes sociétés, les témoins visibles de la vitalité de Paris.

Cette vitalité que l’on ressent quand on se promène à travers Paris, doit trouver de nouveaux encouragements dans le cadre de notre action. J’ai déjà cité quelques exemples. J’y ajouterai encore deux éléments.

L’aménagement du Bassin de la Villette se doit de répondre à la même démarche qui a été la nôtre en particulier dans la rénovation du Viaduc des Arts - qui sera définitivement terminé fin 99 - la revitalisation du Faubourg Saint-Antoine et la rénovation des Grands Boulevards qui, elle aussi, devrait aboutir avant le début du 3ème millénaire. J’ai décidé la mise à l’étude pour le Bassin de la Villette (qui a 70 m de largeur contre 30 m pour le Canal de l’Ourcq) d’un statut mixte de voies navigables et de bassin portuaire. Une telle évolution ouvrirait des perspectives pour une plus grande convivialité autour du Bassin, à l’exemple de ce qui a été réalisé par Marin Karmitz, dans les anciens entrepôts par la création de l’ensemble « 14 Juillet ». Des péniches à quai et des ponts flottants permettront ainsi le développement de nombreuses activités. La Mission Paris 2000 aura à charge, avec les services de la Ville, de me proposer d’ici fin Janvier, un projet d’utilisation événementielle de la Place Stalingrad et de son environnement, y compris le Bassin Louis Blanc. D’ores et déjà des contacts ont été liés pour l’occupation du site des Magasins Généraux par l’École Nationale Supérieure de la Meunerie, sous la forme d’une restructuration complète du bâtiment Loire et d’une reconstruction à l’identique du bâtiment sur son emprise. Le rez-de-chaussée du bâtiment Loire pourra être utilisé pendant la première phase des manifestations de l’An 2000 pour une animation autour de l’agro-alimentaire. Et chacun le sait, il s’agit bien d’un secteur éminemment français.

Deuxième élément : entre le Port de l’Arsenal, la Bastille et le Bassin de la Villette; se développeront des actions culturelles permettant la valorisation de la galerie fluviale souterraine construite sous Napoléon III, qui deviendra une grande galerie d’exposition d’art contemporain et celle du Canal ouvert qui accueillera, dans un univers photographique et virtuel, plusieurs manifestations consacrées à la mémoire du cinéma à Paris.

Mais, arrêtons là sur ce chapitre, tout en annonçant que de nombreux projets trouveront leur développement dans l’ouest parisien avec, en particulier, l’utilisation de l’hippodrome de Longchamp qui accueillera, en accord avec les concessionnaires, un grand rassemblement des meilleurs guitaristes du Monde, en mémoire de Jimmy Hendrix, à l’occasion du 30ème anniversaire de Woodstock. L’hippodrome sera aussi le cadre, en juin 2000, du Festival Mondial des Arts Équestres.

Et, en fermant les yeux quelques instants, vous pourrez aussi imaginer les trois ballons captifs qui s’élèveront autour de la Capitale pour que chacun puisse découvrir, sous des angles différents, la richesse de notre ville et sa diversité comme Paul Maurer, l’éminent photographe, l’a traduit par la photo qui se trouve derrière moi.

Les Lumières de la Vie et de la Culture

Cette vitalité de Paris dont je parlais, c’est aux Parisiens, tous ensemble, qu’il appartient de la démontrer. Cette intention répond aux exigences apparemment contradictoires mais réellement inséparables, de l’économie et de la solidarité. Personne ne doit être seul, personne ne doit être exclus de l’action que nous engageons, qu’elle soit festive, culturelle, ou promotionnelle. C’est dans les quartiers - ils sont 80 correspondant aux 20 arrondissements - que se jouera la victoire pour Paris. C’est avec tous, les jeunes comme les plus anciens, et quelles que soient leurs différences, que nous mèneront à bien notre action. Les Élus, les Directions de la Ville, associés à l’élaboration des projets, et dans les cadres budgétaires des deux prochains exercices municipaux, ont fait en ce sens un certain nombre de propositions qu’il appartient à la Mission Paris 2000 de mettre à exécution sous mon autorité.

N’ayant pas l’intention de vous accabler, Mesdames et Messieurs, par la lecture d’un catalogue exhaustif, je n’en retiendrai que quelques exemples d’opérations concernant la jeunesse. En détailler le programme des événements serait trop long, même s’il faut souligner qu’en avril 2000 sera couru, à travers la capitale, le « Marathon des 100.000 ».

La première :

- 2000 Jeunes pour Paris 2000. C’est un objectif qui devrait permettre à 2000 jeunes allocataires du RMI d’accéder à un emploi à l’issue des manifestations, c’est-à-dire à la rentrée 2001. La réalisation de cet objectif devra habiter l’ensemble des Directions de la Ville par un recensement de leurs projets susceptibles de créer des emplois dans le cadre des opérations menées par la Mission et aboutissant à une insertion dans les entreprises. Il s’agit, dans le cadre de conventions spécifiques, avec les entreprises signataires, de s’engager à recruter un certain nombre de jeunes ayant participé à l’opération Paris 2000. Dans le cadre de contrats existant avec la Ville, il conviendra, conformément aux orientations du PDI, d’établir des clauses de « mieux-disant social ». Les plates-formes RMI, en liaison étroite avec l’ANPE, recevront les candidatures et les orienteront vers la Mission Paris 2000 d’une part, et les entreprises signataires de conventions d’autre part. En plus des emplois mis à disposition par les entreprises, les emplois aidés seront financés, à moyens constants, par les dispositifs existant ou à venir (emplois jeunes, crédits PDI, crédits à la Formation Professionnelle,...).

La deuxième :

- Dès la rentrée scolaire prochaine, les jeunes Parisiens qui auront 20 ans en l’An 2000, seront appelés à s’inscrire auprès de la Mission pour bénéficier pendant la durée des manifestations, à savoir du 3 Septembre 99 à fin Juillet 2001, de la carte « Paris 20 ans... 2000 ». Cette carte leur permettra de bénéficier ou de la gratuité ou de tarifs préférentiels pour toutes les activités culturelles, les transports et de nombreux autres services. Après l’inscription, à la rentrée 98, leur carte leur sera remise au printemps 99. D’après les statistiques de l’INSEE, plus de 35.000 jeunes pourront en bénéficier, mais comme Paris ne saurait s’entourer d’octrois ou de barrières, je propose d’ores et déjà que cette initiative soit étendue à l’ensemble de l’Ile-de-France.

Troisième exemple :

Enfin, et au-delà des avantages circonstanciels, je souhaite que soit engagée, pour Paris, une démarche jeune et citoyenne. C’est dans ce but que je compte réunir, dès le printemps 2000, le « Conseil des Jeunes de Paris ». Les modalités de candidature, d’élection, de fonctionnement, la définition des prérogatives feront l’objet d’une étude que je lance dès aujourd’hui. La Mission Paris 2000 aura à me proposer, avant le 15 Février 98, la constitution de la Commission que je chargerai d’élaborer ce projet en liaison avec les élus et les représentants des forces vives de la Ville. J’en annoncerai les conclusions en septembre 98, et suis décidé à mettre en marche rapidement cette initiative.

L’action en faveur des jeunes doit également se traduire par l’intégration des plus anciens et des plus défavorisés, à la mobilisation générale. Avec le Centre d’Action Sociale de la Ville, de nombreux projets, pérennes ou éphémères, seront développés. A titre d’exemple encore, l’inauguration du Centre Crimée, rénové et modernisé, permettra de recevoir dans de meilleures conditions, 1000 à 1500 femmes et enfants en situation de détresse. Autre initiative, l’Atelier de l’Ermitage, monument historique du 18ème siècle, deviendra , dans les jardins de la Maison d’Accueil Pour Personnes Agées du 20ème arrondissement, un lieu d’expositions, de rencontres et de travail inter-générations entre des artistes, des personnes âgées et des jeunes.

Et puisque nous parlons des artistes, venons-en, sans avoir épuisé le sujet précédent, aux Lumières de la Culture. Et c’est par la célébration de la lecture que nous ouvrirons volontairement ce chapitre. La Mission a retenu le projet de Michel Guéranger : « Le Livre Capitale ». haut de 15 mètres, une double page de 200 m², « Le Livre capitale » sera disposé sur la Place de l’Hôtel de Ville une année complète. Il témoigne de la longue complicité entre le Livre et Paris, capitale des Lettres et des Mots. Capitale des pensées, de leur rencontre, de leur affrontement aussi. Chaque jour, un thème y sera abordé. Vaste mouvement de pensée. Exceptionnelle réflexion. Convergences des opinions, des savoirs et des cultures. « Le Livre Capitale » répondra à une question : quelle Capitale pour quel Homme, dans quel millénaire ?

Notre Culture est aussi bien celle de notre savoir-vivre, de nos traditions que celle de la création. Encore une fois, à titre d’exemple, et pour ce qui est de la promotion de notre savoir-faire et de celle de notre tissu industriel et artisanal, l’implication de tous ceux qui font de Paris une ville modèle de l’art de vivre (unions, groupements professionnels, comités...) nous amène à développer ou engager des actions de mise en valeur. Encore une fois, à titre d’exemple, ce sera le cas des « 2000 Commerçants de l’An 2000 ». 100 commerçants par arrondissement seront choisis par les consommateurs. Ils recevront des mains du Maire de Paris, à l’Hôtel de Ville, dès Décembre 1999, les « Médailles du Commerçant de l’An 2000 ». Cette désignation se fera à l’aide d’un bulletin que l’on trouvera au 3ème trimestre 1999 dans divers organes de presse. Cinq questions seront posées sur les qualités retenues pour désigner les commerçants de l’An 2000.

Dans la même démarche, seront mis en valeur, en liaison avec les établissements scolaires de la Ville ou ceux dépendant de la Chambre de Commerce de Paris, les talents de ceux qui auront à assumer demain le devenir de notre Capitale et le maintien de ses traditions et de ses qualités, qu’il s’agisse de ses étudiants ou des élèves des écoles techniques. L’ouverture d’un grand concours des chefs-d’oeuvre, sous le contrôle de tous les groupements intéressés (Signé Paris, Compagnons du tour de France, Compagnons du Devoir,...) marquera la rentrée 98.

Paris sera le cadre d’une grande exposition. qui présentera à la fois au grand public et à un public de professionnels, les grandes applications industrielles issues de découvertes réalisées par les milieux scientifiques parisiens. L’objectif de cette exposition sera de valoriser le potentiel industriel de l’ensemble des établissements et laboratoires parisiens de recherche publics et privés de Paris, afin de mettre en avant cet atout exceptionnel de Paris, dans un contexte de concurrence économique mondiale. Cette initiative s’inscrira également dans la démarche plus générale visant à favoriser l’appropriation par les Parisiens de l’image économique de leur ville.

S’agissant de la partie scientifique du projet, le Comité scientifique du Comité d’Expansion Économique de Paris, qui a tissé des liens étroits avec les milieux scientifiques parisiens, apportera sa collaboration au Comité des Expositions de Paris.

Le Comité Scientifique du Comité d’Expansion Économique de Paris devrait être rapidement en mesure de faire des propositions sur les personnalités susceptibles de composer le Commissariat Scientifique de l’exposition et devrait fournir une première liste de produits susceptibles d’être présentés. La Direction des Affaires Scolaires a été associée à ce projet.

En ce qui concerne plus spécialement le domaine artistique, je tiens à vous annoncer que Paris sera, dès la fin 99, la Capitale Mondiale de la Photographie. C’est à Paris qu’Arago prononça son célèbre discours et offrit au monde le procédé mis au point par Niepce et Daguerre. C’est à Paris que les plus grands photographes, d’Atget à Brassaï, ont exercé ou exercent leur talent. La Ville de Paris a accumulé un patrimoine photographique inestimable. Les collections du Musée Carnavalet, de la Bibliothèque Historique, du Musée d’Art Moderne et, aujourd’hui, de la Maison Européenne de la Photographie, rivalisent avec celles des plus grands musées étrangers, sans oublier le très riche fonds Roger Viollet et les archives spécialisées comme celles de la Voirie, de l’APUR, du Pavillon de l’Arsenal, ou de la Commission du Vieux Paris. Mettre en valeur ce patrimoine afin que chaque Parisien retrouve la mémoire de sa ville, telle sera l’une des priorités culturelles de l’An 2000. C’est dans cette perspective que sera organisée, à l’initiative du Musée Carnavalet, une grande exposition sur Paris en relief. Mais comme Paris, Capitale des Arts, a toujours su donner aux créateurs, les moyens nécessaires à leur inspiration, tous les grands photographes du monde seront présents dans notre capitale, et les Parisiens seront invités à participer, nombreux, aux manifestations du Mois de la Photo qui, en Novembre 2000, fêtera ses 20 ans. Ce sera l’occasion pour eux de remporter, grâce à un grand concours, déjà engagé avec un partenaire privé, le prix du Meilleur Photographe de la Ville.

C’est en septembre 99 que sera inauguré à la Porte Maillot le nouveau Palais des Congrès, instrument performant et indispensable à notre développement économique.

C’est aussi en 99 que nous rouvrirons les portes d’un Châtelet rénové. En Novembre 99, la saison commencera par la création, en France, de « Outis » de Luciano Berio, en association avec le Festival d’Automne et l’Orchestre de Paris. C’est en Décembre 99 que sera créé, sur une chorégraphie de Maurice Béjart, le ballet « Casse Noisette ». Enfin, en Décembre 2000, ce sera la création mondiale de « Nativité pour le Troisième Millénaire », un opéra de John Adams, commandé par le Théâtre du Châtelet et labellisé par la Mission Pour la Célébration de l’An 2000.

D’autres manifestations musicales seront offertes aux Parisiens. Ce sera le cas de l’hommage à Berlioz qui clôturera le millénaire à l’automne 2000. Accompagné des Élèves des Conservatoires de tous les arrondissements, dirigé par Georges Prêtre, l’Orchestre de Paris jouera la « Symphonie Funèbre et Triomphale » entre la République et la Bastille comme Berlioz l’avait imaginée pour la célébration des Trois Glorieuses. Et c’est au moment de l’apothéose finale qu’explosera le « Reliquaire de Guerres » créé par Chantal Cottet et Pierre-Alain Hubert, dans le bassin Bercy-Tolbiac.

Cet exemple prouve ma volonté d’associer , dans la mesure du possible, les différentes expressions culturelles, en l’occurence ici la Musique et les Arts Plastiques. Associées aussi les plus belles richesses dont nous disposons : l’eau et la nature. Non seulement pour la Journée des Jardins de septembre 99, qui connaîtra un éclat exceptionnel, mais aussi tout au long de l’année et sur le cours du fleuve.

Je ne voudrais pas être exhaustif en la matière, mais d’ores et déjà, je tiens à vous annoncer que, dans le cadre des grandes expositions, le Musée d’Art Moderne proposera fin 99 une grande exposition sur «Les Fauves ». Le Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme ouvrira l’exposition sur « Le Juif Errant ». De son côté, la Vidéothèque de Paris proposera « La Nouvelle Vague », une anthologie de toutes les nouvelles vagues cinématographiques suivi par « Les Migrations », festival de films traitant d’un sujet plus que jamais actuel à l’ouverture du nouveau millénaire.

Encore une fois, je ne saurais, ici, développer un catalogue de toutes les manifestations qui marqueront, à travers toute la Capitale, notre volonté de nous affirmer comme la Capitale des Lumières de la Culture. N’oublions pas le berceau de la Capitale, le quartier latin, où il conviendra d’organiser aussi des manifestations rappelant l’origine de notre ville. J’ajouterai aussi qu’à l’occasion de l’An 2000, je souhaite remplacer la plaque dite du « bimillénaire » qui avait été réalisée lors de la commémoration de la Fondation de la Ville Gallo-Romaine (52 avant Jésus-Christ) et qui est offerte aux personnalités de marque de la Capitale.

A cet effet, la Ville de Paris lance aujourd’hui un concours à l’attention des artistes (sculpteurs, plasticiens, designers, ...). Cette médaille devra évoquer Paris au passage du 3ème millénaire. Un jury, composé de personnalités de la Ville de Paris et des milieux culturels, choisira le lauréat. Les dossiers de candidature sont à adresser à la Mairie avant le 20 Février 98.

Enfin, s’ouvrira ici même à l’Hôtel de Ville, l’exposition « Utopies 2000 » réunissant les plans, les maquettes, les oeuvres de tous ceux qui, nous précédant, avaient rêvé notre Capitale pour la fin du millénaire. Cette exposition de prestige sera aussi le lancement de celle qui viendra clôturer en 2001 l’ensemble des manifestations en ouvrant un concours qui permettra à chacun d’imaginer ce que sera « Paris 2100 ». Les urbanistes, les architectes, les écrivains et tous ceux qui rêvent à notre devenir peuvent déjà se mettre au travail.

Paris 2000 se doit d’être la réunion des utopies, des nouvelles tendances, et l’espace de création de nouvelles démarches culturelles.

Il vous reste à découvrir bien d’autres projets à l’issue de cette conférence de presse. Ils sont exposés dans les salles qui vous entourent. Les responsables de la Mission Paris 2000 et les concepteurs pourront répondre aux suppléments d’informations que vous souhaiteriez obtenir.

Il me reste à moi, à vous parler du troisième volet des Lumières : celles de l’Intelligence.

Fort de ses chercheurs, de ses intellectuels, de ses scientifiques, de son activité médicale et universitaire, Paris se doit avec chacun d’entre eux, de mettre un point final au millénaire qui se termine et de lancer des messages à celui qui s’ouvre.

C’est dans cette approche, et au-delà des Congrès divers dont Paris reste la capitale, que je décide que notre ville accueillera, de 99 à 2001, les représentants de toutes ces activités.

Et, par exemple, si l’on sait qu’en 1900 c’est à Paris que le grand mathématicien allemand, Hilbert, participant au Congrès Mondial des Mathématiques annonçait le programme de travail pour le 20ème siècle, on peut imaginer qu’à l’occasion de la proclamation par l’UNESCO de l’Année Mathématiques 2000, se réunisse à Paris un Sommet Mondial associant la réflexion des spécialistes et la découverte de cette discipline et de son importance par le grand public.

Si l’on sait aussi qu’aujourd’hui des pays sont défavorisés, ou tout simplement ignorés, par les responsables économiques de la lutte contre le sida, pourquoi n’engagerait-on pas les chefs d’état, les chercheurs, les médecins, les responsables de laboratoires pharmaceutiques, à réfléchir et à venir, avant la fin du millénaire, signer ici le « Protocole de Paris » ? Une démarche volontariste qui mettrait ainsi un terme à l’incroyable différence de diffusion des trithérapies entre le Nord et le Sud.

D’autres sommets ont été proposés et trouveront leur expression à Paris. Mais c’est parce que notre capitale est capable d’accueillir, depuis ses origines, les plus grands, que nous devons aujourd’hui, encore une fois et pour le Monde, nous affirmer comme porteur de message et d’espoir.

Enfin, j’en terminerai par une réponse à la question que chacun d’entre vous doit se poser : avec quels moyens ?

J’ai demandé à la Mission Paris 2000 d’établir le calendrier définitif des manifestations qui seront proposées aux professionnels du Tourisme et à l’ensemble de nos concitoyens, au plus tard le 23 Avril 98. Il s’agira d’un document de mobilisation et de promotion daté et finalisé. Le calendrier comportera les dates des manifestations qui commenceront le 3 Septembre 99 et iront jusqu’à la fin de Juillet 2001. Pourquoi le 3 Septembre ? Tout simplement pour que la dynamique 2000 soit déjà efficace dès la rentrée et pour les fêtes de fin d’année 99. Cet ensemble répondra aux exigences que j’avais définies en Février dernier. Je vous les rappelle :

1 - Tout ce qui sera réalisé à Paris le sera avec les Parisiens

2 - L’engagement pris de rester dans les cadres budgétaires sera assuré

3 - Les projets qui seront examinés le seront s’ils s’agit d’engagements fermes de la part de leurs auteurs et non d’appels, comme cela est trop souvent le cas, à des fonds publics.

Ainsi chaque projet inscrit au programme sera considéré comme un produit dont les partenaires (publics ou privés) s’approprieront les études, la mise en oeuvre, l’exploitation et la promotion. C’est l’addition de ces projets qui permettra, au printemps prochain, de publier le programme définitif à l’initiative de la Mission Paris 2000.

Voilà, Mesdames et Messieurs, dans ses grandes lignes, ce que Paris propose à ses citoyens comme au reste du monde, pour relever le défi de la compétition des grandes capitales. Je souhaite qu’avec tous, Paris remporte des succès pluriels : touristiques et scientifiques, économiques et culturels, historiques et modernes, industriels et artisanaux, solidaires et prestigieux. Paris qui s’engage à célébrer comme il se doit, la Journée de l’Europe le 9 Mai 2000, comme le feront tous nos partenaires. Paris qui se doit d’être acteur, avec ses citoyens, de sa propre promotion et de son développement. C’est là l’acte fondateur d’un Paris nouveau prenant en compte les traditions, les modes de vie, les besoins, la convivialité nécessaire de ses citoyens tout en se projetant sur l’avenir. Paris qui se veut, parce que c’est notre Histoire, ambitieux et dynamique, et parce qu’avec vous, Paris peut devenir un modèle chaleureux et généreux pour le monde.

Je vous remercie .