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MEMORIAL
DU MARECHAL LECLERC DE HAUTECLOCQUE ET DE LA LIBERATION DE PARIS |
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1940 l'année de tous les destins |
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L'exposition retrace à grands traits la campagne de mai-juin 1940, en mettant l'accent sur les combats héroïques méconnus et l'importance des pertes. L'histoire n'a retenu le plus souvent que la débâcle des troupes françaises. L'instabilité gouvernementale qui régnait alors, l'accumulation d'erreurs stratégiques et la carence en chars et en avions auraient précipité la débandade des combattants français qui attendaient l'ennemi sur la ligne Maginot. Pourtant les Français se sont bien battus. Alors qu'il n'y a quasiment pas de photos de combat, les images de l'armée française se préparant à l'engagement ont été préférées aux photos habituelles d'afflux de réfugiés et de soldats sur les routes qui ne restituent pas la dureté des combats. L'exposition met aussi l'accent sur ces destins, individuels ou collectifs qui ont connu un tournant décisif à l'issue du désastre de juin 1940. Les appels du général de Gaulle (18,19,22 juin) à la poursuite du combat incitent civils et militaires à rallier la France libre à Londres, non sans difficulté car le gouvernement de Vichy les exclut de la communauté nationale et les poursuit : l'exposition présente le texte (prêté par le Musée de l'ordre de la libération) de l'ordonnance du tribunal militaire de Clermont-Ferrand condamnant le général de Gaulle. Ce sont pour le nouveau régime les " dissidents ". Des territoires et colonies se rallient à la France libre sous l'égide de Félix Eboué, Leclerc, de Larminat, Catroux, confortant l'autorité du général de Gaulle. A la fin de l'année 1940, il peut à partir des territoires ralliés, reprendre l'initiative aux côtés de l'Angleterre qui a montré qu'elle pouvait résister, seule, face à l'Allemagne. Des Français libres ont aussi été parachutés en France occupée pour des missions de résistance. Ces parcours parallèles se rejoindront ultérieurement au sein de la France combattante en juillet 1942. Très vite en France, des Français refusent de se résigner : Jean Moulin, Edmond Michelet, les généraux Cochet et Délestraint.. La première forme de résistance a été la propagande comme le montrent les brochures et feuilles clandestines Conseils à l'occupé (juillet 1940) qui se multiplient à partir de l'automne. Les résistants de l'intérieur mettent plus de temps à s'organiser et subissent l'humiliation de l'occupation et de la répression. Les premiers noyaux se forment à l'automne, le groupe du Musée de l'homme, spécifiquement parisien, Dernière colonne, Liberté, le Mouvement de libération nationale en zone sud qui donneront ultérieurement en 1941 naissance respectivement à Libération sud, Combat. Le Manifeste des douze marque l'acte de naissance de la résistance syndicaliste. Les réseaux se constituent : La confrèrie Notre Dame, St-Jacques, Fourcaud… D'autres, plus anonymes ont saboté lignes électriques et téléphoniques au péril de leur vie ; en témoignent ces avis d'exécution en allemand et en français qui attestent de la précocité de ces actes. Ceux qui ont choisi de lutter se réfèrent pour les uns à l'engagement du général de Gaulle, pour les autres à une réaction quasi spontanée contre l'occupation allemande et le nouveau gouvernement. Les résistants présentent une grande diversité d'origines, sociale, politique, intellectuelle, spirituelle. Ces actions se déroulent dans un contexte rendu difficile par l'occupant en zone nord et le Gouvernement de Vichy en zone sud qui impose la Révolution nationale. Cette exposition ne prétend pas à l'exhaustivité mais elle veut montrer que cette résistance initiale, avec ses premières épreuves et ses premiers sacrifices, apporte un espoir et un début de réponse au traumatisme de cette campagne perdue. (Christine Levisse-Touzé, directrice du Mémorial Leclerc - Musée Jean Moulin ,communiqué de presse de l'exposition / 2000 ) |
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Une France amputée
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L'armistice a des conséquences dramatiques pour le territoire national: occupation des trois cinquièmes de la France, environ 1 800 000 prisonniers de guerre, livraison d'armes et d'établissements militaires, désarmement des ports et de la flotte sous le contrôle de l'ennemi.(...) Le gouvernement français s'engage à donner des instructions aux institutions et aux fonctionnaires pour appliquer en zone occupée une collaboration loyale à l'égard des autorités allemandes. La coopération entre l'armée d'occupation et les autorités de la France occupée devient de fait implicite.(...) (Extrait du catalogue d'exposition, rédigé par C. Levisse-Touzé, "1940, l'année de tous les destins ", Ed. Paris Musées, 2000) |
| Le nouveau régime
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Le vote des pleins pouvoirs à lieu le 10 juillet dans la grande salle du théâtre du Casino de Vichy.(...) A la devise républicaine Liberté, Egalité, Fraternité est substituée Travail, Famille, Patrie . "L'Ordre nouveau" avec pour figure emblématique, Pétain, se met en place. Son grand âge, quatre-vingt-quatre ans, son passé "le vainqueur de Verdun", rassurent. Son objectif est de construire une société nouvelle, de faire la "rénovation nationale". Le terme est emprunté au vocabulaire politique des mouvements d'extrême droite. Pour Pétain, c'est la IIIè République décadente qui a conduit au désastre et il n'est pas fâché de tordre le coup à la "gueuse"(la République). Il souhaite à tout prix un retour à l'ordre. |
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Ce régime fort et personnel repose sur le chef et comporte un fond traditionaliste et réactionnaire aux principes de de la Révolution de 1789. Le nouveau régime puise l'essentiel de ses sources idéologiques dans l'Action française, mouvement royaliste d'extrême droite qui lutta contre Dreyfus.(...) Le régime se fait une certaine idée de l'individu, de la France et du Chef. Ce sont les communautés naturelles qui forgent l'individu. La famille, la corporation, la province et la patrie structurent la société. |
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Le chef est au centre de tout.(...) La propagande par l'affiche, le tract, les médias régissent la communication entre gouvernants et gouvernés. Elle a pour thèmes privilégiés le culte de Pétain, le retour à la terre, l'anglophobie et l'antigaullisme après les épisodes de Mers el-Kébir (le 3 juillet) et Dakar (du 23 au 24 septembre). (Extrait du catalogue d'exposition, rédigé par C. Levisse-Touzé, "1940, l'année de tous les destins ", Ed. Paris Musées, 2000) |
affiche de propagande antigaulliste © Mémorial Leclerc - Musée Jean Moulin |
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La vie quotidienne des français
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De l'été à l'hiver 1940, le pays connaît une grave dépression due à la désorganisation générale de la production et des échanges consécutifs à la guerre, aux destructions, à l'exode des chefs d'entreprise, aux réquisitions, surtout à l'occupation des deux tiers du territoire.(...) La vie quotidienne des Français se transforme vite en cauchemar. A l'été 1940, c'est le chaos ; se nourrir devient l'obsession majeure. La pénurie est totale pour la viande, le beurre, l'huile et le pain. Le chocolat et le café disparaissent des étals. L'énergie -charbon, essence, électricité- fait aussi totalement défaut. Les produits de substitution apparaissent: le rutabaga, légume symbole de l'Occupation, puis le topinambour. Le quotidien des Français est absorbé par les files d'attente devant les magasins. La situation est telle que le rationnement est renforcé en septembre 1940. Les citoyens sont contraints d'utiliser des cartes d'alimentation délivrées par les mairies, qui donnent lieu à l'attribution de tickets et de coupons en échange desquels chaque consommateur peut se procurer des quantités déterminées de certaines denrées, correspondant à l'apport de 1 200 à 1 800 calories par jour, suivant l'âge et le lieu de résidence.(...) Aux pénuries alimentaires s'ajoute le manque de logements dû aux destructions : un million de sans abris et un million de chômeurs. Les nombreux prisonniers (1 800 000) ont entraîné la fermeture d'entreprises et le désordre économique. Les prix sont multipliés par trois, les salaires stagnent et le niveau de vie générale baisse. A la fin de l'année 1940, la situation est désastreuse pour les français qui, pour certains, ont aussi perdu leurs illusions à l'égard de Pétain depuis l'entrevue du 24 octobre avec Hitler. L'action du général de Gaulle à Londres, qu'ils écoutent sur les ondes de la B.B.C, suscite une bouffée d'espoir. (Extrait du catalogue d'exposition, rédigé par C. Levisse-Touzé, "1940, l'année de tous les destins ", Ed. Paris Musées, 2000) |
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l'Appel du 18 juin
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"Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas..." |
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Appel du 18 juin 1940, Charles de Gaulle. |
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En ouvrant la B.B.C au général de Gaulle, le gouvernement britannique le dote d'un outil de diffusion de tout premier ordre. De Gaulle utilise au mieux cette nouvelle forme de propagande : du 18 juin au 2 juillet, il s'adresse six fois aux Français pour expliquer ses choix et convaincre de la nécessité de poursuivre le combat. Le pays occupé n'ayant plus d'émetteurs libres; les émissions sont créées à partir de Londres sous le nom Ici la France. Quotidiennement les Français peuvent entendre une émission de cinq minutes annoncée par la devise de l'armée "Honneur et Patrie" réservée à la France libre. Celle-ci est confiée au chroniqueur Yves Morvan (pseudonyme Jean Marin).(...) Les émissions Françaises de la B.B.C sont brouillées par le gouvernement de Vichy comme par les services de propagande allemande. Des tracts diffusés par la Royal Air Force et larguées en France indiquent les heures et les canaux de diffusion.(...) |
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En juin 1940, beaucoup de Français croient la guerre terminée. L'appel lancé le 18 juin par le général de Gaulle depuis les ondes de la B.B.C, trente heures après l'allocution de Pétain demandant de cesser le combat, est le premier refus. Le général de Gaulle est à contre-courant de tout. Il refuse l'armistice et choisit Londres, estimant que rien ne peut plus être tenté à Bordeaux, même si l'exil est mal perçu par l'idéologie républicaine.(...) (Extrait du catalogue d'exposition, rédigé par C. Levisse-Touzé, "1940, l'année de tous les destins ", Ed. Paris Musées, 2000)
Affiche diffusée à Londres et en France en juillet 1940 © Mémorial Leclerc - Musée Jean Moulin |
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ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE |
| Les ouvrages en bordeaux sont
consultables au Centre de Documentation
du Mémorial Leclerc-Musée Jean Moulin
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AGLAN, Alya, La Résistance sacrifiée, le mouvement "Libération Nord", Ed. Flammarion, 1999 |
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AZEMA, Jean-Pierre, 1940, l'année terrible, Ed. du Seuil, 1990 |
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AZEMA, Jean-Pierre, BEDARIDA, François, (sous la direction de), La France des années noires, t.1, De la défaite à Vichy, Ed. du Seuil, 1993 |
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BOURDERON, Roger, WILLARD, Germaine, 1940, de la défaite à la résistance, Messidor, Ed. sociales, 1990 |
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CREMIEUX-BRILHAC, Jean-Louis, Histoire de la France libre, du 18 juin 1940 à la Libération, Ed. Gallimard, 1996 |
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DOUZOU, Laurent, La désobéissance, histoire du mouvement Libération-Sud, Ed. Odile Jacob, 1995 |
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KASPI, André, La Deuxième Guerre mondiale, chronologie commentée, Ed. Perrin, 1990 |
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MARTEL, André, Leclerc, le soldat, le politique, Ed. Albin Michel, 1998 |
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NOGUERES, Henri, en collaboration avec DEGLIAME-FOUCHE, Marcel et VIGIER, Jean-Louis, Histoire de la résistance en France, juin 1940-juin 1941, Ed. Laffont, 1975 |
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ROUSSO, Henri, Les années noires, vivre sous l'occupation, Ed. Gallimard, Collections "Découvertes", 1992 |
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VEZINET, général, Le général Leclerc, Ed. France Empire, 1997 |
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COLLOQUES |
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La Résistance et les Français: villes, centres et logiques de décision, actes du colloque international, IHTP-CNRS, Cachan, 16-18 novembre 1995 |
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Henri Frenay de la Résistance à l'Europe, colloque publié par le ministère de la Défense, secrétariat d'Etat aux Anciens Combattants, Paris, Assemblée Nationale, 19 octobre 1995 |