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MEMORIAL
DU MARECHAL LECLERC DE HAUTECLOCQUE ET DE LA LIBERATION DE PARIS |
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23
allée de la 2e DB |
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LECLERC ET L'INDOCHINE |
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La mission du général Leclerc |
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Le 7 juin 1945, le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) charge Leclerc d'organiser et d'instruire le corps expéditionnaire. La situation ne cesse de se détériorer en Indochine. Peu auparavant, le 24 mars, le GPRF avait promis aux peuples de la Fédération indochinoise une semi-autonomie au sein de l'Union indochinoise, la division en cinq ensembles (Laos, Cambodge, Tonkin, Annam, Cochinchine) étant maintenue. |
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Le Japon jusque-là invaincu subit un choc décisif avec les bombardements atomiques de Hiroshima et de Nagasaki les 6 et 9 août. La capitulation s'impose ; elle est signée le 2 septembre 1945 sur le Missouri, en baie de Tokyo, par le général MacArthur. Le général Leclerc y représente la France. La défaite japonaise modifie bien des données du problème indochinois. |
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Le 14 août, l'amiral Thierry d'Argenlieu se voit confier la responsabilité de Haut-commissaire de France pour l'Indochine et celle de commandant en chef des forces terrestres, navales et aériennes basées en Indochine pour y rétablir la souveraineté française. Son affectation ne tient pas au hasard. Le général de corps d'armée Leclerc, le libérateur d'Alençon, de Paris et de Strasbourg, commandant supérieur des troupes françaises en Extrême-Orient, placé sous son autorité, est chargé des mesures militaires pour rétablir cette souveraineté. Leclerc n'a pas les coudées franches pour faire preuve d'initiative personnelle. |
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Les deux hommes doivent se rendre le plus vite possible à Saigon ; le haut-commissaire s'installera à Chandernagor. Mais Leclerc doit voir à son quartier général de Kandy l'amiral anglais Mountbatten, commandant suprême des forces alliées dans le Sud-Est asiatique, qui l'informe le 22 août de l'ampleur de la confusion en Indochine. A la conférence de Postdam (17 juillet - 2 août), Truman (Roosevelt est mort en avril), Clément Attlee, Premier ministre britannique qui a remplacé Winston Churchill au cours de la conférence, et Staline décident, pour combattre les Japonais, de séparer l'Indochine en deux zones : au nord du 16e parallèle, les troupes nationalistes chinoises, au Sud, les forces britanniques. C'est un camouflet pour la France, ainsi évincée d'Extrême-Orient. Il n'y a plus de forces françaises en Indochine, l'ex-armée de l'amiral Decoux ayant été démantelée par le coup de force japonais. Les Britanniques n'ont cependant aucune ambition et Mountbatten promet son appui. |
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Leclerc réclame des moyens à Paris et se fixe pour objectif de reprendre en main la région au sud du 16e parallèle en profitant du débarquement britannique, de parachuter le maximum de moyens politiques et militaires dans le nord en s'appuyant sur les équipes que le GPRF y a envoyées, de maintenir et d'affirmer les droits français notamment vis-à-vis des Alliés, de reprendre pied dans la zone chinoise dès l'arrivée des renforts et de négocier sur le plan politique avec les représentants du mouvement viêtminh. Grâce aux renseignements transmis par Jean Sainteny et Jean Cédile, respectivement commissaires de la République à Hanoi et à Saigon, il s'informe et mesure la complexité de la situation. |
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En cette fin août 1945, le Viêt-minh entreprend la course au pouvoir. Depuis le coup de force japonais de mars, il a profité de la neutralisation des forces françaises pour accroître son emprise aussi bien à Hanoi, où ses sympathisants sont nombreux, qu'à Saigon, en s'appuyant sur les militants communistes et diverses organisations. Le 16 août, le Parti communiste constitue un Comité national de la Libération puis les 18 et 20 août le Viêt-minh se rend maître de Hanoi et de Saigon. Le 25 août, l'empereur Bao-Daï abdique ; le même jour, Hô Chi Minh forme un gouvernement vietminh et proclame le 2 septembre l'avènement de la République démocratique du Viêt-nam (RDV), dont il devient le président. |
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Le même jour, Leclerc est désigné par le GPRF pour signer au nom de la France l'acte de capitulation du Japon, occasion pour lui de s'entretenir avec le général MacArthur qui s'engage à ne pas le gêner dans l'exécution de son programme. |
| (Extrait du catalogue de
l'exposition Leclerc et l'Indochine, Christine Levisse-Touzé et
Jacques Vernet, Ed.
Paris Musées,
1997)
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Le général Leclerc n'a pas été compris ni suivi sur le règlement de la question indochinoise. Il s'est heurté à l'amiral d'Argenlieu qui avait tout pouvoir et appliquait la politique du GRPF. Leclerc n'avait pas les coudés franches et son drame était d'être en avance sur son temps. S'il était pour le retour de la présence française en Indochine, il était favorable à une évolution du statut de l'Indochine. Il a su s'élever au-dessus de la perspective militaire, négocier avec l'adversaire, dont il n'ignorait pas qu'il était communiste, pour sauver les intérêts français. Léon Blum confiera en juin 1949 que " le libérateur de Paris aurait été (…) le pacificateur de l'Indochine ", soulignant ainsi la lucidité de leclerc. Son action était très à contre-courant de celle de ses contemporains. Durant cette période difficile, il a pris toute sa dimension de militaire et d'homme politique. |
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| (conclusion extraite du catalogue de l'exposition, Christine Levisse-Touzé et Jacques Vernet, Leclerc et l'Indochine, Ed. Paris Musées, 1997) | |||
ORIENTATION
BIBLIOGRAPHIQUE
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DUPLAY, général, (sous la direction de), Leclerc et l'Indochine, actes du colloque organisé par la Fondation du Maréchal Leclerc de Hauteclocque et la Fondation pour les études de défense nationale, Ed. Albin Michel, Paris, 1992 |
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COMPAGNON, général, Leclerc, Maréchal de France, Ed. Tallandier, Paris, 1994 |
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DALLOZ, Jacques, La Guerre d'Indochine, 1945-1954, Ed. du Seuil, Collections Points Histoire, Paris, 1987 |
| LEVISSE-TOUZE, Christine, (sous la direction de), Du capitaine de Hauteclocque au général Leclerc, Maréchal de France, actes du colloque organisé par Le Mémorial Leclerc - Musée Jean Moulin (19 au 21 nov. 1997), Ed. Complexes, 2000 |
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RUSCIO, Alain, La Guerre française d'Indochine, Ed. Complexes, Bruxelles, 1992 |
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VEZINET, général, Le Général Leclerc, Ed. J'ai lu, Paris, 1982 |
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" Leclerc au tournant de l'Indochine (janvier-février 1947) ", article d'André Martel paru dans la Revue historique des Armées, n°3, 1996 |
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