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MEMORIAL
DU MARECHAL LECLERC DE HAUTECLOCQUE ET DE LA LIBERATION DE PARIS |
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allée de la 2e DB |
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| Leclerc
AU MAROC |
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Présentée dans le cadre du temps au Maroc, conçue et élaborée en liaison avec la Commission Marocaine d'Histoire Militaire présidée par le général Bouchaïd Arroub des Forces Armées Royales et l'aide de Bahija Simou, directeur adjoint des Archives Royales, cette exposition présente les différentes étapes de la carrière de Philippe de Hauteclocque, depuis son affectation à Taza au 8e Régiment de Spahis, en 1926, jusqu'au dernier séjour du général Leclerc comme Inspecteur des Forces Armées chargé de la sécurité, en 1946-1947. Cette exposition montre combien le Maroc a occupé une place importante dans la vie de cet officier curieux du monde musulman et qui en appréciait les hommes et la culture.
Le lieutenant de Hauteclocque et le Maroc, 1926-1933
Les liens avec le Maroc du lieutenant de Hauteclocque commencent bien avant la Seconde Guerre Mondiale, lorsque tout jeune lieutenant, il demande, après un premier poste en Allemagne, une affectation au Maroc, où il rejoint le 8e Régiment de Spahis, à Taza, en 1926. Un an plus tard, il est nommé instructeur à l'Ecole des élèves-officiers marocains de Dar-el-Baïda, créée en 1918 par Lyautey à l'intention des fils de notables pour former les officiers destinés à encadrer les troupes marocaines. Exigeant, Hauteclocque devient l'interlocuteur de ses élèves à l'occasion des cours de formation générale ou d'entretiens sur l'Islam et le christianisme, l'histoire de la France et celle du Maroc. A l'occasion d'un voyage en 1928, il les reçoit à Tailly où il les reverra en 1946 et 1947 lorsqu'il sera inspecteur des troupes en Afrique du Nord (AFN). En 1947, l'un des officiers devenu pacha de Sefrou exprime son émotion à Leclerc : " vos anciens élèves n'ont pas été surpris de vos hauts faits d'armes : honneur, conscience, initiative, esprit de décision, rapidité d'exécution, désintéressement continu au profit de l'intérêt général, responsabilité et clarté des ordres donnés, voilà des mots qui vous personnifient et glorifient ceux que vous avez formés. "
Deux ans plus tard, pendant le congé annuel des élèves de l'été 1933, alors qu'il est instructeur à l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr, il revient au Maroc avec l'accord du général Frère, commandant l'école, mais sans en informer Huré, commandant supérieur des troupes du Maroc. Avec l'appui du général Giraud, commandant les opérations, il participe aux combats dans le Tafilalet. Pendant un mois, il commande les partisans d'un groupement mobile et s'illustre le 11 août au combat d'Aghbalou. Le texte de la citation de Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieures (TOE) avec palme précise : " par sa manœuvre hardie sous un feu violent, (de Hauteclocque) a été le facteur déterminant du succès de nos armes ". Ces années de jeunesse passées au Maroc sont importantes car ce sont ces années de formation qui lui ont permis de connaître l'Afrique, le monde musulman et ses ressorts subtils.
Temara, berceau de la Division Leclerc, fin 1943-avril 1944
Dix ans plus tard, devenu Leclerc, engagé aux côtés du chef de la France Libre depuis juillet 1940, le héros de M'Zizel renoue avec le Maroc. Il y met sur pied la 2e Division Blindée (DB), créée le 24 août 1943. Son objectif est la libération de la France. Le territoire marocain est alors un immense camp d'instruction où l'armée française se réorganise avec l'aide des américains. Les éléments sont dès lors stationnés à Témara (au sud de Rabat), pour bénéficier de la proximité du port de Casablanca, où sont livrés les matériels américains et pour recevoir l'instruction indispensable à la maîtrise de ces nouveaux engins. Au noyau initial qu'il a commandé depuis le Cameroun, se joignent d'autres volontaires : évadés de France par l'Espagne, éléments du Corps Franc d'Afrique, volontaires féminines du 13e bataillon médical. Pour obtenir les effectifs requis, Leclerc se tourne vers la ressource offerte par l'Armée d'Afrique ; le 12e régiment de Chasseurs d'Afrique du colonel Langlade qu'il a connu à Meknès en 1928, et le 12e cuirassiers. La 2e division blindée comporte une forte proportion de soldats nord-africains : 3 600 sur un effectif total de 14 490 au 1er avril 1944, soit le quart du total. On ne peut indiquer avec précision la répartition des Marocains incorporés dans toutes les unités. De Skhirat à Témara, la 2e DB se familiarise avec le matériel reçu à Casablanca et avec lequel elle commence son entraînement dans la forêt de la Mamora. Cette intense période d'instruction est interrompue par des missions de maintien de l'ordre. A la suite de la proclamation du manifeste de l'Istiqlal (Manifeste de l'Indépendance), des émeutes anti-françaises ont lieu le 29 janvier 1944 à Fès, Rabat et Salé. Leclerc reçoit l'ordre d'envoyer ses hommes - la plupart des troupes de souveraineté ayant été envoyées en Italie - en intervention. Plusieurs détachements de la Division sont chargés de protéger les civils dans Rabat. Un escadron de chars est réquisitionné au grand dam de Leclerc qui accorde la priorité à l'instruction en cours, la division devant être inspectée, quelques jours après, par la Commission franco-américaine du matériel. Des troupes sont aussi mobilisées autour de la Médina de Fès. Mais l'effort principal de maintien de l'ordre revient à la Division territoriale commandée par le général Suffren. Les archives ne portent pas trace, concernant l'intervention de la 2e DB , de mort d'hommes et de répression rigoureuse. Le séjour de la 2e DB au Maroc prend fin lorsque le général de Gaulle, au cours de son ultime inspection le 7 avril 1944, annonce à Leclerc et à ses hommes leur participation avant la fin de l'été à la Bataille de France. Depuis décembre 1943, Leclerc sait qu'il doit accomplir une mission politique : libérer la capitale.
L'effort de guerre du Maroc
Durant la première campagne de France entre mai et juin 1940, 47 000 hommes ont été mobilisés. Dans le désastre de mai-juin 1940, les Marocains paient un lourd tribut : 2 100 tués et 18 000 prisonniers sur les 90 000 Nord-Africains (au total, 1 850 000 prisonniers). Aux lendemains de l'armistice, les effectifs autorisés sont de 56 000 hommes. Le camouflage au Maroc des effectifs et des matériels est organisé grâce à la complicité des populations. Des dépôts d'armes clandestins ont été improvisés dans les régions montagneuses de l'Atlas. Ces opérations ont été menées malgré la présence des Commissions d'armistice italiennes et allemandes. Après le débarquement anglo-américain du 8 novembre 1942, le Maroc a une place à part. Ce n'est pas seulement la zone arrière pour la réorganisation de l'armée, c'est aussi et surtout la plaque tournante logistique grâce à sa façade atlantique. L'équipement, l'armement, le ravitaillement américain transitent par le Maroc. Le port de Casablanca joue un rôle de tout premier plan en accueillant la plus grande part des livraisons destinées à l'Afrique du Nord. En décembre 1942, deux groupes de Tabors marocains (GTM), commandés par le colonel Guillaume, sont envoyés en Tunisie. Impressionné par la conduite du 4e Tabor pendant cette campagne, le général Patton demande au général Giraud de l'affecter à la 7e armée pour participer aux opérations de Sicile. Les trois cinquièmes des troupes du Corps expéditionnaire français débarquées en Italie sont marocaines : outre les Tabors, ce sont les 2e division d'infanterie marocaine (DIM) et 4e division marocaine de montagne (DMM). L'effort de guerre demandé par la France combattante a été important :85 000 marocains sur 233 000 pour l'AFN, soit 36,5% des forces mobilisées en AFN. Mais les pertes sont lourdes : pour les Tabors, 1 616 tués et environ 6 700 blessés sur les champs de bataille de Tunisie, de Sicile, de Corse, d'Italie et de France où ils se distinguent lors de la libération de Marseille et de Toulon, dans les Vosges et enfin en Allemagne. Saluant cet effort, le général de Gaulle associe le sultan Sidi Mohammed ben Youssef à la grande prise d'armes du 18 juin 1945 à Paris, à l'occasion du 5e anniversaire de l'Appel du 18 juin 1940. Le sultan reçoit du général de Gaulle la Croix de la Libération, devenant ainsi la première personnalité étrangère à se voir décerner cet honneur.
Derniers séjours au Maroc, 1946-1947
A la fin des hostilités en Europe, Leclerc exprime le souhait de revenir au Maroc. Il renouvelle ce vœu à son retour d'Extrême Orient, en juin 1946. Il est alors nommé Inspecteur des forces terrestres, maritimes et aériennes en Afrique du Nord, le gouvernement donnant priorité à la Méditerranée dans ses préoccupations stratégiques. Son action est faite d'inspections en Algérie, en Tunisie et au Maroc (du 16 au 18 novembre 1946 et du 21 au 23 avril 1947). Outre la priorité accordée aux problèmes militaires, Leclerc, fort de ses connaissances en langue arabe et de son expérience du monde islamique, va de village en village pour resserrer les liens entre le Maroc et la France. Il est bien conscient de l'évolution consécutive à la Seconde Guerre mondiale. Dans les Cahiers Charles de Foucauld, 3e trimestre 1947, il écrit dans un article consacré à Lyautey : " L'une des conséquences les plus graves de la guerre qui vient de bouleverser le monde aura sans doute été de précipiter l'évolution politique, économique et sociale des populations de l'Islam. Nos territoires de l'Afrique du Nord en offrent un exemple frappant. Songez à la bataille de Tunisie. Songez au Maroc, organisé dans l'espace de quelques jours en un formidable camp retranché, base de départ des armées alliées pour la libération de la France. De tels évènements pèsent lourd dans l'évolution des peuples (…). La rapidité de l'étendue des transformations accomplie en quatre ans ont modifié bien des conceptions et soulevé de nombreux problèmes (…). La France doit maintenant les résoudre alors qu'elle n'a pas retrouvé entièrement son équilibre. " La remise de la Croix d'officier de la Légion d'honneur à Si Bekkai, l'un de ses anciens élèves de Dar-el-Beida, est la dernière manifestation publique de Leclerc. Le 28 novembre 1947, son avion s'écrasait en territoire marocain sur la voie ferrée Oudja-Colomb-Béchar. (texte du petit journal distribué lors de l'exposition, rédigé par Christine Levisse-Touzé, directrice du Mémorial Leclerc - Musée Jean Moulin/1999 et Philippe Leclerc de Hauteclocque, le Légende d'un héros, Tallandier, Oct. 2002) |
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