Mémorial de la Libération de Paris les événements
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" Paris, depuis plus de quatre ans, était le remords du monde libre. "
Charles de Gaulle in Mémoires de Guerre, l’Unité.

Dès le 18 avril 1942, le général de Gaulle affirme que la libération ne saurait être séparée de l’insurrection nationale.
Le chef de la France combattante tient pour essentiel que les armes de la France agissent avant celles de Alliés, que le peuple contribue à la défaite de l’envahisseur, et que la libération de la capitale porte la marque d’une opération militaire et nationale.

 

Le gouvernement provisoire de la République est représenté par un délégué général, Alexandre Parodi, nommé en mars 1944.
Il a pour adjoint militaire le général Chaban-Delmas dépendant du général Koening, commandant les Forces Françaises de l’Intérieur (FFI).

Le Conseil National de la Résistance (CNR) s’affirme comme l’institution la plus représentative de la Résistance puisqu’elle rassemble partis, syndicats et mouvements. Son président Georges Bidault, successeur de Jean Moulin, est assisté au Comité d’Action militaire.
Le Comité Parisien de la Libération du département de la Seine (CPL), présidé par André Tolet, joue un rôle important dans la coordination de l’action immédiate, la préparation de l’insurrection, lançant des appels à la population.
Début juin, le colonel Rol-Tanguy prend la tête des FFI de la région parisienne.
Tout est en place pour l’insurrection.

 

La décision de libérer Paris a été prise très tôt sur un double plan politique et militaire.
La 2ème Division Blindée, commandée par l’un des chefs les plus illustres de la France libre, le général Leclerc, est chargée de cette mission et informée des intentions du chef de la France libre, dès le mois de décembre 1943.
Mais le général Eisenhower qui a promis au général de Gaulle que les Français seraient les premiers à libérer Paris, redoute les combats dans une grande ville, et prévoit de la contourner.

 

Depuis le 6 juin, les divers organes de la Résistance incitent les Parisiens à exprimer leur révolte.
Le développement de l’insurrection se déroule en plusieurs étapes : manifestations populaires, grèves, mobilisations.
Les Parisiens manifestent les 1er, 7 et 14 juillet contre l’occupant.

 

Le CPL saisit cette occasion pour déclencher les grèves qui prennent progressivement un caractère insurrectionnel : les chemins de fer (10 août), la police (15 août), puis la poste sont progressivement touchés.
Simultanément, la BBC encourage cette action.
L’arrêt des usines, le sabotage des voies ferrées, le noyautage des administrations publiques, paralysent petit à petit la vie économique de la capitale, mais en réduisent les approvisionnements.

 

Pétain puis Laval tentent d’ultimes manœuvres pour constituer un gouvernement, mais c’est un échec.
Le général von Choltitz, commandant les forces allemandes depuis le 7 août, dispose de troupes, dites de sécurité, constituées de quatre régiments renforcés d’un détachement de dix-sept chars de la division Panzerlehr, d’un bataillon de choc de la 1ère armée et des batteries de la 1ère brigade de DCA. Elles sont disposées en anneau défensif au sud-ouest de Paris.
En réponse à la montée de l’insurrection parisienne, le général von Choltitz fait apposer dans Paris une affiche où il affirme son intention de maintenir l’ordre à tout prix, montrant ainsi sa ferme résolution de lutter jusqu’au bout.
Il a aussi pour mission de protéger la retraite, opérée en ordre, de la Wehrmacht. Les forces allemandes sont retranchées dans leurs "points d’appui", autour des grands hôtels Meurice, Crillon et Majestic, ainsi que l’Opéra, la caserne du prince Eugène, les Invalides et le Palais du Luxembourg.

 

Le 18 août au soir, le colonel Rol-Tanguy décrète l’ordre de mobilisation générale en exécution des consignes des divers organes de la Résistance.
Ordre est donné à tous les Parisiens de rejoindre les FFI.
Entre-temps, Rol-Tanguy, à qui Parodi a confié le commandement de l’ensemble des forces de la Résistance, contrôle l’insurrection depuis son poste de commandement installé dans un abri de la Défense passive sous la place Denfert-Rochereau.
Le 20, à l’aube, Léo Hamon et quelques résistants du mouvement "Ceux de la Résistance" occupent l’Hôtel de Ville.

 

La plupart des immeubles destinés à l’information sont occupés dès les samedi 19 et dimanche 20 août, la radio "libre" peut fonctionner à nouveau au grand jour et couvrir l’événement.

En dépit d’une trêve contestée par de nombreux résistants, la prise des édifices publics se poursuit.

 

Au matin du 21 août, tous les ministères sont occupés. Le même jour, Paris se couvre de barricades.
Néanmoins, les insurgés sont bien conscients de la faiblesse de leur armement et de l’impossibilité dans laquelle ils sont d’obtenir seuls la capitulation des Allemands.
Divers émissaires ont été envoyés par le commandement FFI auprès des Alliés dont l’adjoint de Rol-Tanguy, le commandant Cocteau-Gallois.

Brusquement, le 22 août, Eisenhower change d’avis et décide d’envoyer des troupes sur Paris.
Le soir, Leclerc obtient enfin l’ordre du général Bradley de foncer sur Paris avec la 4e DIUS en appui. Il doit avec la 2e D.B. parcourir près de 200 kilomètres, rencontrant une âpre résistance à l’ouest et au sud de Paris.

Le 24 août, un message d’encouragement, « tenez bon, nous arrivons », est lancé dans l’après-midi par un piper-cub (avion d’observation) au-dessus de la préfecture de Police par le capitaine Callet.
Le soir même, le capitaine Dronne à la tête d’un détachement de reconnaissance atteint l’Hôtel de Ville.

Le 25 août, la 2e D.B. fait son entrée dans Paris – le groupement tactique Langlade par le pont de Sèvres, le groupement Billotte par la porte d’Orléans – et réduit un à un les différents points d’appui allemands.

 

Après avoir installé son poste de commandement à la Gare Montparnasse, le général Leclerc se rend avec Chaban-Delmas à la Préfecture de Police pour recevoir la reddition du général von Choltitz.
La capitulation signée, encore faut-il la rendre effective. Von Choltitz est emmené par Leclerc à Montparnasse où il signe une vingtaine d’ordres de cessez-le-feu destinés aux points d’appui allemands. C’est là que le colonel Rol-Tanguy signe un des exemplaires de la convention de reddition.

En fin d’après-midi, le général de Gaulle fait son entrée dans la capitale : il se rend au PC de Leclerc, puis à l’Hôtel de Ville où il prononce ces paroles historiques : " Paris outragé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré !... ".
Le 26 août, dans la liesse générale, de Gaulle entouré des généraux Koening, Leclerc, Juin, d’Alexandre Parodi et de Georges Bidault, descend triomphalement les Champs-Elysées et se rend à Notre-Dame.
L’arrivée à la cathédrale est perturbée par une fusillade. Le général entonne le Magnificat.

 

Le pari insensé de l’homme du 18 juin est gagné dans un Paris sauvegardé grâce à l’action de la Résistance extérieure et intérieure et avec le concours des Alliés.

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