Brésil baroque,
entre ciel et terre

PARCOURS DE L'EXPOSITION
Bon Jésus de Matozinhos

Vue générale du sanctuaire du Bon Jésus de Matozinhos
Congonhas do campo
© Ferrante Ferranti Vue générale du sanctuaire du Bon Jésus de Matozinhos
Congonhas do campo
© Ferrante Ferranti

 

Introduction
Une galerie introductive propose une découverte du contexte dans lequel les œuvres originales se trouvent, celui du milieu naturel et humain brésilien et surtout celui de l’architecture, en particulier les églises, pour lesquelles elles ont été crées.
Le cadre monumental sera présenté grâce à des photographies de grand format de Ferrante Ferranti.

Les influences et la découverte
Deux salles montrent l’état des connaissances et la vision des Européens sur le Brésil au moment de la découverte et des années qui ont suivi.

Le Brésil du sucre

La deuxième partie présente, ce qu’on peut appeler " Le baroque de la côte " de Belém à Rio de Janeiro aux XVIIe et XVIIIe siècles.
Premier centre de gravité du pays (Salvador da Bahia sera la capitale jusqu’en 1763), cette région est marquée par une économie basée sur la production du sucre cultivé par des esclaves noirs dans de grandes propriétés, et par une vie religieuse dominée par l’influence des ordres monastiques.
A cette époque, on assiste à l’éclosion d’une première période de la sculpture baroque dominée par les fortes personnalités de Frei Agostinho da Piedade et de Frei Agostinho de Jésus, deux moines bénédictins.
L’environnement architectural des œuvres majeures sera évoqué par des éléments architectoniques tandis que des objets d’argenterie et d’orfèvrerie montreront le raffinement des décors du culte et de la vie quotidienne.


Saint Esprit
Saint Esprit
Museu de Arte Sacra São Paulo
Bois polychrome XVIIe siècle
© Ferrante Ferranti

Oratoire
Oratoire avec deux figures de saintes
Museu do Oratorio - Ouro Preto
Bois polychrome XVIIIe siècle
© Ferrante Ferranti

 

Le Brésil de l’or

La troisième partie est consacrée à l’art du Minas Gerais. Cette région intérieure du Brésil entre dans l’histoire à partir de la découverte de l’or en 1698 ; elle est caractérisée par la fondation de nouvelles villes, par une population plus mobile et plus mélangée qu’au nordeste (l’esclavage est moins répandu) et par une vie religieuse fondée sur les paroisses et les confréries (les ordres religieux sont interdits), spontanément créées par les fidèles en fonction de clivages professionnels, sociaux et raciaux. Cette situation favorise le développement d’un art religieux qui échappe à la tutelle rigide des moines et répond directement à la sensibilité de la population.

Tandis que la série d’aquarelles de Miranda évoque la pénétration des Paulistas dans les régions encore occupées par les Indiens, les sculptures polychromes, les anges, les colonnes, les pièces d’argenterie et d’orfèvrerie, se conjuguent de manière magique avec l’élégance et la grâce des églises d’Ouro Preto, Mariana, Sabarà, Tiradentes et São João del Rey.


Christ et Marie-Madeleine
Apparition du Christ ressuscité à Marie-Madeleine
Attribué à Manuel Iñacio da Costa
Museu de Arte Sacra
Salvador de Bahia

Bois polychrome XVIIIe siècle
© Ferrante Ferranti

Sainte Madeleine
Sainte Madeleine
Franscisco Xavier de Brito
Museu de Arte Sacra
São Paulo
Bois polychrome XVIIIe siècle

© Ferrante Ferranti

 

L’Aleijadinho et l’apothéose du baroque brésilien

La quatrième partie montre l’apothéose de l’art baroque du Brésil avec une personnalité exceptionnelle, l’Aleijadinho (1730-1814) qui, avec son tempérament ardent, incarne le dynamisme, les tensions et les contradictions de la société coloniale et en particulier, de cette société minière, née sous le signe de l’aventure et de la passion.

Antonio Francisco Lisboa dit l’Aleijadinho, avec sa formation, son talent et sa souffrance physique (il perdit l’usage de ses mains et de ses jambes à l’âge de 30 ans, d’où son surnom de l’Aleijadinho " le petit estropié ", résume et transcende toute la culture plastique et religieuse du Brésil colonial, pour la transmettre comme une merveilleuse fleur au Brésil indépendant, dont il fut presque le contemporain.

On peut dire que, dans ses sculptures monumentales comme dans ses statues de dévotion, l’Aleijadinho pousse à l’extrême l’héritage et les traditions de l’art colonial : la vivacité démonstrative des formes, l’expressivité des visages, l’ample registre des sentiments et des passions, la force du message spirituel.

Quelques photographies des églises révéleront le génie de l’architecte qui, par le jeu subtil des lignes, les courbes élégantes, les tracés en ellipse, les façades qui ondulent avec délicatesse et les tours qui participent à ce mouvement de danse où la pesanteur paraît avoir disparu, atteint la perfection dans les plans et les élévations de ses églises du Minas Gerais.


Vierge des sept douleurs
Vierge des sept douleurs
Franscisco Lisboa dit l'Aleijadinho
Museu de Arte Sacra
São Paulo
Bois polychrome XVIIIe siècle

© Ferrante Ferranti


Sainte Anne
Sainte Anne et la Sainte Vierge
Franscisco Lisboa dit l'Aleijadinho
Museu do Ouro, Sabara
Bois sculpté polychrome et doré
XVIIIe siècle
© Ferrante Ferranti


Sainte Lucie
Sainte Lucie
Franscisco Lisboa dit l'Aleijadinho
Museu do Aleijadinho
Ouro Preto
Bois polychrome XVIIe siècle

© Ferrante Ferranti

 

Des Jésuites à l’indépendance

La dernière partie est divisée en deux sections. La première évoque l’art qui s’est développé avec les missions jésuites sur le territoire de l’ancienne province du Paraguay.
A la suite des guerres d’indépendance, la partie nord-est de cette province revint au Brésil.

C’est ainsi que l’exposition peut présenter des œuvres en provenance notamment de l’église de São Miguel construite par les jésuites dont l’Ordre fut interdit en 1767, interdiction qui entraîna la disparition de nombreux édifices et œuvres d’art.
Les sculptures qui ont échappé à la destruction de ces édifices présentent une thématique conforme à celle qui caractérise l’art colonial dans son ensemble.
Leur grand intérêt est d’avoir été réalisées à l’intérieur même des missions, par les Indiens Guaranis, travaillant sous la direction spirituelle des Jésuites.

Elles constituent donc un témoignage direct de l’art " missionnaire " au sens propre du terme ; la religiosité profonde, l’émotion contenue, la spiritualité sincère dont elles sont imprégnées, sont une preuve de la valeur de l’œuvre civilisatrice des Jésuites qui ont laissé à leurs protégés toute liberté pour s’exprimer dans un langage formel correspondant à leur sensibilité, à leurs traditions et à leur vision du réel.

La deuxième section présente des sculptures de Mestre Valentim da Fonseca e Silva (c. 1750-1813) dont les créations prolongent avec beaucoup d’élégance et de finesse les modalités du baroque jusqu’au début du XIXe siècle.

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