En guise
d'introduction

 

Aimer Balzac, aimer l'Italie

Roland Chollet

 

" Pauvre Italie ! elle est à mes yeux comme une belle femme à qui la France devrait servir de défenseur, en la prenant pour maîtresse, s'écria le médecin.
- Vous ne sauriez pas nous aimer à notre fantaisie dit la duchesse en souriant. Nous voulons être libres, mais la liberté que je veux n'est pas votre ignoble et bourgeois libéralisme qui tuerait les Arts "

Balzac, Massimilla Doni 

 

   La rencontre entre Balzac et l'Italie - jouons avec la convivialité du terme - inaugure la collection des " Rencontres de la Maison de Balzac " dont notre musée a pris et entend garder l'initiative. Du 10 octobre 2000 au 7 janvier 2001 s'était tenue dans nos murs, sous le titre Il signor di Balzac. Balzac vu par l'Italie, une importante exposition à laquelle Mme Paola Dècina Lombardi, qui avait organisé auparavant à Rome une exposition similaire, a prêté le concours précieux de son expérience, notamment pour la rédaction du catalogue. A l'occasion de cette manifestation, les 10 et 11 novembre 2000, quelques critiques français et italiens furent invités par notre Maison et l'Istituto italiano di cultura de Paris à débattre du thème de l'exposition. De ces " lectures croisées " est né le petit ouvrage que nous présentons. Il fera connaître en outre un étonnant document, une scène inédite de la vie et de la mort de Balzac : le récit que le romancier fit d'outre-tombe, en 1881, de son escapade de 1836 à Turin en compagnie de Caroline Marbouty.

   Cette " rencontre " aurait pu s'intituler Aimer Balzac, aimer l'Italie, car il nous plaît de voir en Balzac à la fois un témoin privilégié et un artisan, un symbole et une figure tutélaire de la longue histoire partagée de France et d'Italie qui a marqué nos langues, nos littératures, nos arts, nos sensibilités, une histoire qui est aussi une histoire d'amour.

 

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