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Conjurations et attentats contre Hitler                                                  5.Conjuration contre Hitler et "l'Opération Walkyrie"


5.2. Projets de gouvernement / 5.3. De l'étude à la mise en oeuvre / 5.4. "L'Opération Walkyrie et l'attentat du 20 juillet 1944 / 

5.5. L'Echec du coup d'Etat / 5.6. La détention des familles 

 

 

Conjuration contre Hitler et "l'Opération Walkyrie"

5.2  Projets de gouvernement

 

Les résistants se sont fixé pour but primordial de mettre fin immédiatement à la guerre. Une fois conclue, la paix doit permettre aux peuples d´Europe de se réconcilier et de jeter les bases d´une nouvelle organisation pacifique entre l´Allemagne et les Etats voisins. Le souhait de bâtir un système pacifique, respecté par tous les pays, donne naissance à une conscience européenne visionnaire.

 

De nombreux adversaires du nazisme, issus des milieux conservateurs, sont imprégnés des conceptions traditionnelles d´un Etat autoritaire. Forts de leurs certitudes, ils veulent tout d´abord imposer les intérêts du Reich allemand face aux Etats d´Europe. Certains soutiennent les vues du diplomate Ulrich von Hassell qui recherche un arrangement avec les puissances occidentales afin d´acquérir une position de force face à l´Union soviétique. D´autres se conforment aux desseins de Friedrich-Werner Graf von der Schulenburg, ambassadeur d´Allemagne à Moscou (1934-1941) qui aspire à une entente avec l´Union soviétique. Cependant, de jeunes diplomates tels qu´Adam von Trott zu Solz, Hans Bernd von Haeften et d´autres membres du Cercle de Kreisau souhaitent dépasser l´Etat national et développent l´idée d´une confédération européenne. Ils veulent créer une organisation pacifique fondée sur le droit à l´autodétermination et qui, reposant sur une confiance réciproque, rendrait impossible la course aux armements et les guerres d´agression.[..]

 

Les résistants partagent la conviction qu´après la fin de la guerre, il faudra réparer les injustices commises par les Allemands à l´encontre des Etats et des peuples d´Europe et surtout à l´égard des Juifs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extraits de la déclaration du gouvernement Ludwig Beck / Carl Friedrich Goerdeler, projet, été 1944

L´original a disparu. La présente version a été reconstituée d´après les documents de la commission spéciale chargée de l´enquête sur l´attentat du 20 juillet 1944. (BArch)

 

“ Maintenant que les affaires du gouvernement du Reich nous ont été confiées, il est de notre devoir de rendre publics les principes selon lesquels nous conduirons le gouvernement et les objectifs que nous poursuivrons.

Notre tâche première réside dans le rétablissement de l'absolue primauté du droit. Il incombe au gouvernement lui-même d´éviter tout acte arbitraire et donc de se soumettre au contrôle régulier exercé par le peuple.

Le droit sera épuré. Ce n'est pas au magistrat qu'il appartient de définir un droit nouveau ; son devoir est d'appliquer la loi, et ce, avec une rigueur extrême.

Le droit sera appliqué envers toute personne qui l'aura violé. Tous ceux qui l'auront enfreint se verront infliger la peine qu'ils ont méritée.

La sécurité de l'individu et de la propriété sera de nouveau protégée contre l'arbitraire.

Les camps de concentration seront dissous, les innocents relâchés et les coupables soumis à une procédure de droit commun.

Nous voulons rétablir la moralité dans tous les domaines de la vie privée et de la vie publique.

Pour garantir le droit et la morale, il faut traiter tous les hommes avec décence. Il sera mis un terme immédiat à la persécution des Juifs qui a été perpétrée sous les formes les plus inhumaines et les plus cruelles, des formes profondément honteuses et définitivement irréparables. Quiconque a cru pouvoir s'enrichir sur le patrimoine juif apprendra que c'est une honte pour tout Allemand que de chercher à s'emparer d´un bien par des moyens malhonnêtes.

Nous éprouvons comme un profond déshonneur que le nom de l'Allemagne ait été entaché par les crimes de toute nature commis dans les territoires occupés en retrait du front et en abusant de sa protection.

Nous lutterons contre le mensonge dont le soleil de la vérité doit dissiper les épais nuages.

C'est une grossière erreur que de croire qu'un gouvernement est autorisé à user du mensonge pour gagner le peuple à sa cause.

La liberté intellectuelle ainsi que la liberté de conscience, la liberté religieuse et la liberté d'opinion qui ont été bafouées seront rétablies.

Les Eglises retrouveront le droit de professer librement leur religion.

La presse doit redevenir libre.

Il faut replacer résolument l'éducation sur des fondements chrétiens tout en respectant les lois chrétiennes qui prescrivent la plus grande tolérance envers les autres croyances.

Il convient de réorganiser l'administration.

L'activité économique sera organisée selon les principes de l'autonomie administrative.

C'est ainsi que se définit la politique de notre gouvernement axée sur l´équité, la politique sociale. Son objectif sera de protéger les faibles, victimes du destin, et de leur donner la possibilité de se prémunir solidairement contre les aléas de la vie.

Les promesses gratuites qui prétendent que l'Etat peut tout sont d'une démagogie sans scrupules. L'Etat, c'est vous, avec vos propres forces.

Ayant mis en garde contre cette guerre qui a déversé tant de souffrances sur l'humanité tout entière, nous pouvons parler en toute franchise.

Nous sommes d'avis, et nous l'avons toujours été, qu'il y avait d'autres possibilités de garantir nos intérêts vitaux.

Reprenons le chemin du droit, de la morale et du respect mutuel! Ces principes nous guideront tous dans l'accomplissement de notre devoir. Observons scrupuleusement, dans toutes nos paroles et dans nos actes, les commandements que Dieu a inscrits dans notre conscience, même si cela nous paraît parfois difficile, et faisons tout pour panser les âmes blessées et atténuer la souffrance. C´est alors, seulement, que nous pourrons créer les bases d'un avenir sûr pour notre peuple au sein d'une communauté internationale remplie à nouveau de confiance, d'une saine ardeur au travail et de sentiments de paix. ”

 

Après la réussite du coup d’Etat

Ludwig Beck devait devenir Chef d’Etat, 

Carl Friedrich Goerdeler Chancelier du Reich

 

Conjuration contre Hitler et "l'Opération Walkyrie"

5.3  De l'étude à la mise en oeuvre

 

Les liens entre les cercles de résistance militaires et civils se renforcent au cours de la guerre. De fortes divergences de point de vue sur des questions politiques se manifestent pourtant à plusieurs reprises. Ludwig Beck intervient pour qu´ils surmontent ces désaccords. Il élabore avec Carl Friedrich Goerdeler et d’autres conjurés, les fondements d´une politique pour une Allemagne libérée de la domination nazie.

En dépit des succès remportés au début par la Wehrmacht, les conjurés contre Hitler, groupés autour de Beck et de Goerdeler, ne croient pas à la “ victoire finale ” annoncée par Hitler. Les premiers revers militaires de l’armée allemande les confortent dans leur conviction. Ils aspirent à s´entendre avec les Alliés pour mettre fin à la guerre. Ils sont conscients que la condition essentielle à la conclusion de la paix est l´élimination de Hitler, qu´ils préparent résolument depuis 1943.

Ayant pris conscience que la direction militaire ne saurait se décider à une action commune, ils concentrent de plus en plus leurs efforts, depuis le printemps 1944, sur trois objectifs : mettre Hitler à l´écart, obtenir le commandement militaire et assumer les responsabilités gouvernementales en Allemagne. Ils s´appuient sur les plans secrets élaborés par le haut-commandement de l´armée de terre en vue de réprimer les agitations intestines et les éventuels soulèvements des travailleurs forcés. Dans ces hypothèses, le pouvoir exécutif et la direction militaire doivent être remis au commandant de l’armée de réserve.

Le général Olbricht confie à plusieurs reprises ces plans, désignés par le nom de code « Walkyrie » à de proches collaborateurs, en dernier lieu à Albrecht Ritter Mertz von Quirnheim et à Claus Schenk Graf von Stauffenberg, afin qu´ils les adaptent en fonction des objectifs de la conjuration.

Claus Schenk Graf von Sauffenberg (à gauche) et Albrecht Ritter Mertz von Quirnheim (1905-1944), Vinnista, en Ukraine, vers 1942 (PB). Les plans leur procurent un camouflage presque parfait. Les unités recevant leur ordre de marche, doivent avoir l´impression que de hauts dignitaires nazis, après la mort de Hitler, veulent recourir à un putsch pour s´emparer de la direction. C´est pourquoi les leviers de commande au sein du pouvoir, principalement à Berlin, capitale du Reich, doivent être contrôlés par des formations de la Wehrmacht et défendus, le cas échéant, même contre des unités SS. Les troupes de réserve doivent également, dans les différents districts militaires, occuper les postes administratifs importants et bureaux du parti. L´attentat contre Hitler reste la clef de “ l´ Opération Walkyrie “.

Au printemps 1944, des contacts sont établis entre des dirigeants sociaux-démocrates opposés au national-socialisme, réunis autour de l´ancien député au Reichstag, Julius Leber, et du pédagogue Adolf Reichwein, et l´organisation de résistance communiste regroupée autour d´Anton Saefkow et Franz Jacob. Dans les entretiens qu´ils ont avec Saefkow et Jacob, Leber et Reichwein veulent sonder les possibilités d´un combat commun contre le régime nazi, avec l´agrément de Claus Schenk Graf von Stauffenberg. Il s´agit également de savoir comment s´assurer d´un large soutien de la classe ouvrière allemande au nouveau gouvernement après une tentative militaire de coup d´Etat. Les syndicats, le SPD (parti social-démocrate allemand) et le KPD (parti communiste allemand) doivent en l´occurrence assumer des rôles importants [..]

 

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Conjuration contre Hitler et "l'Opération Walkyrie"

5.4  "L'Opération Walkyrie" et l'attentat du 20 juillet 1944

 

La tanière du loup, quartier général du Führer à Rastenburg (Prusse Orientale), détruite après l'attentat du 20 juillet 1944 (BArch)L´attentat visant à tuer Hitler, condition du succès d´un coup d´Etat, ne peut être effectuée que par des personnes ayant accès au cercle restreint du pouvoir. Les briefings d’Hitler semblent offrir la possibilité d´éliminer le dictateur. Stauffenberg étudie donc les moyens de tuer le Führer en posant une bombe à son quartier général auquel sa nouvelle affectation - chef d´état-major auprès du commandant de l’armée de réserve depuis le début de juin 1944 - lui donne un accès direct. Il est ainsi l´un des rares à pouvoir approcher le dictateur condition nécessaire pour que l’attentat ait quelque chance de réussite.[..]

L´un de ses briefings auquel Stauffenberg participe, a lieu le 20 juillet 1944, au Führerhauptquartier Wolfschanze (quartier général du Führer “ Tanière du loup ”) près de Rastenburg, en Prusse orientale [..]Stauffenberg, qui prend l´avion pour le “ quartier général du Führer Wolfschanze ” avec son aide de camp Werner von Haeften, garde toujours cette sacoche auprès de lui. Peu avant 12 h 30, il peut se retirer sous un prétexte et écraser avec une pince une ampoule contenant de l´acide pour le détonateur à retardement. Il est dérangé dans cette opération et appelé pour le briefing ce qui l’empêche d’activer le deuxième paquet d´explosif. [..]

Les plans des conjurés prévoient que le pouvoir exécutif passe aussi tôt après l´attentat aux mains du commandant de l’armée de réserve et d´officiers acquis à la cause. Les leviers de commande les plus importants au sein du pouvoir et dans les communications doivent être aux mains d’hommes sûrs, les unités SS à Berlin maintenues à l´écart du Bendlerblock, cœur de la conjuration. Des agents de liaison, politiques et militaires, doivent faire exécuter les ordres des conjurés dans les différents districts militaires.

Le Bendlerblock, centre de la conjuration, à Berlin Tiegarten, photo prise vers 1940 (GDW)A Berlin, les conjurés peuvent s´appuyer sur le commandant de la place, le chef de la police et quelques amis occupant des positions importantes. Quelques membres de groupes civils de résistance se rendent le 20 juillet au Bendlerblock. Certains jeunes officiers stationnés à Potsdam sont aussi là pour renforcer la position. Viennent s´y ajouter des officiers que l´on avait d´abord sciemment laissés dans le flou quant au coup d’Etat mais qui suivent les ordres des conjurés. Ludwig Beck, en civil, entre, dans l´après-midi du 20 juillet, dans les bureaux du commandant de l’armée de réserve au Bendlerblock et s´y tient prêt à assumer la fonction de chef d´Etat de l´Allemagne qui lui avait été dévolue. Avec le feld-maréchal Erwin von Witzleben, qui doit assumer le commandement en chef de la Wehrmacht, Beck s´efforce de persuader d´anciens camarades et de les gagner à leur cause. Carl Goerdeler, qui doit devenir chancelier du Reich, a été prié par les conjurés de se tenir prêt à Berlin[..]

Lorsque, le 20 juillet 1944, Olbricht apprend vers midi que Hitler a survécu à l´attentat, il hésite tout d´abord à déclencher “ l´Opération Walkyrie ”. Il se souvient des conséquences funestes de la première fausse alerte. Ainsi, le temps passe. Ce n´est que dans l´après-midi qu´Olbricht, sous l´influence de Mertz et de Stauffenberg, se résout à donner les ordres chiffrés “ Walküre ”. Les conjurés manifestent ainsi leur détermination à aller jusqu´au bout du chemin emprunté.[..]

En France, les adversaires de Hitler se regroupent autour du chef du haut-commandement militaire allemand en France, le général Carl Heinrich von Stülpnagel. Il a travaillé étroitement avec Ludwig Beck dans la Reichswehr. Tout comme Beck, Stülpnagel a lui aussi des doutes sur la direction nationale-socialiste et fait partie dès 1938 du cercle restreint des adversaires de Hitler. Commandant en chef en France à la suite de son cousin Otto en avril 1942, il entre en conflit avec le plus haut chef SS et Gestapo (Höherer SS- und Polizeiführer) en France, le SS-Gruppenführer Carl-Albrecht Oberg. Il trouve en Hans Speidel un homme de confiance qui établit finalement la liaison avec les conjurés de Berlin. Le général de division Hans Speidel et le lieutenant-colonel Cäsar von Hofacker, autres conjurés, tentent de rallier les feld-maréchaux Erwin Rommel et Günther von Kluge pour le coup d´Etat. L´officier de carrière Hans Speidel participe dès le printemps 1943 à un projet d´attentat contre Hitler. En avril, il est nommé chef d´état-major au groupe B de l´armée de terre de la région Ouest, le feld-maréchal Erwin Rommel. Speidel établit la liaison avec le général Carl Heinrich von Stülpnagel qui tente de persuader Rommel de la nécessité d´une action commune contre Hitler. Hofacker, cousin de Stauffenberg, appelé sous les drapeaux en 1938 comme officier de réserve, il participe à l´occupation des Sudètes et à la guerre contre la Pologne. En 1940, il sert au ministère de l´Air du Reich et prend bientôt en charge, après la victoire allemande sur la France, le service Fer et Acier de l´administration militaire à Paris. Muté en automne 1943 à l´état-major du général Carl Heinrich von Stülpnagel, il critique fréquemment les outrances de la politique allemande d´occupation en France. Il est en étroite liaison avec les conjurés entourant son cousin Claus Schenk Graf von Stauffenberg à Berlin. Dans les jours précédant la tentative de coup d´Etat, il vérifie les préparatifs de l´opération contre la Gestapo et s´efforce en vain avec Stülpnagel, le 20 juillet, de persuader le feld-maréchal Kluge d´apporter son soutien à la conjuration et de négocier avec les Alliés pour mettre fin aux hostilités sur le front de l´Ouest. Au milieu de l´année 1944, Cäsar von Hofacker rapporte de Berlin l´annonce de l’imminence attentat. Lorsque la nouvelle parvient à Paris dans l´après-midi du 20 juillet, les conjurés occupent les sièges de la Gestapo et de la SS. Plus de 1 200 membres des formations de la SS et de la police sont répartis dans les prisons parisiennes, les dirigeants SS appréhendés sont mis aux arrêts à l´hôtel Continental. 

Face aux succès militaires des Alliés après le débarquement en Normandie, le feld-maréchal Erwin Rommel a adjuré Hitler le 15 juillet de tirer les conséquences de cette situation catastrophique. Mais il est grièvement blessé trois jours avant l´attentat et ne peut donc se mettre à la disposition des conjurés le jour décisif. Après le 20 juillet 944, son mémorandum, accompagné d´une lettre du commandant en chef de la région Ouest, Hans Günther von Kluge, est soumis à Hitler. Par sa description franche et réaliste de la situation militaire sur le front Ouest, Rommel entendait pousser Hitler aux conséquences qui s’imposent. Hitler comprend rapidement que le feld-maréchal, qu´il estime particulièrement et qu’il a toujours promu, adopte une position critique par rapport à son régime et, en cas de succès de l´attentat, se serait mis à la disposition des conjurés. Hitler veut toutefois éviter un procès contre le général Rommel, très populaire ; il l’oblige à mettre lui-même fin à ses jours. Le commandant en chef de la région Ouest, le feld-maréchal von Kluge, informé depuis longtemps des intentions nourries par les adversaires de Hitler, refuse son soutien au moment crucial. La tentative de coup d´Etat à Paris échoue dans la nuit du 20 au 21 juillet 1944.[..]

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Conjuration contre Hitler et "l'Opération Walkyrie"

5.5  L'Echec du coup d'Etat

 

On commence à rechercher les conjurés immédiatement après la tentative de coup d´Etat du 20 juillet 1944. Le 21 juillet 1944, le IVe bureau (Police secrète d´Etat) du Reichssicherheitshauptamt crée la commission spéciale du 20 juillet 1944. Elle se compose au total de onze groupes organisés en fonction de leur spécialité et comprenant jusqu´à 400 collaborateurs issus de tous les services de la police.

Une vaste opération de recherche est lancée à travers toute l´Allemagne. Hitler, Himmler et Bormann se tiennent informer régulièrement des noms des personnes appréhendées. Alors que la propagande nazie prétend qu´il s´agit seulement d´un petit cercle d´adversaires du régime, les journées suivantes mettent en évidence le grand nombre de liens qui ont été tissés par les résistants. Au total, plus de 600 personnes sont arrêtées sur ordre de la commission spéciale du 20 juillet 1944. La Gestapo utilise tous les moyens de la terreur contre les détenus : persuasion, menace, coups et torture. 

Le tribunal du peuple, le 8 septembre 1944. Au centre, le président Roland Freisler (BPK) Les procédures contre les conjurés et leurs compagnons commencent dans les premières semaines du mois d´août devant le Volksgerichtshof. C´est le prélude à une série de plus de 50 procès qui se terminent par plus de 110 condamnations à mort. A partir d´octobre 1944, on y inclut aussi ceux qui ont soutenu les participants à la tentative de coup d´Etat et les ont aidés dans leur fuite. Roland Freisler, président du Volksgerichtshof, mène lui-même la plupart des procès. Les documents audiovisuels qui nous sont parvenus révèlent sa morgue et sa manière haineuse de conduire les débats. Les accusés ne peuvent recourir à un avocat de leur choix ; ce n´est que juste avant l´audience qu´eux-mêmes et leurs avocats commis d´office prennent connaissance des actes de mise en accusation. C’est une parodie de justice.[..

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Conjuration contre Hitler et "l'Opération Walkyrie"

5.6  La détention des familles

 

Ceux qui s´engagent dans la résistance au national-socialisme ne risquent pas que leur propre vie. Le 30 juillet 1944, la direction nationale-socialiste ne décide pas seulement de la poursuite des conjurés mais encore du sort réservé à leurs familles. Heinrich Himmler fera ultérieurement diverses déclarations de principe sur la Sippenhaft (détention pour coresponsabilité familiale). Les nazis entendent utiliser ce nouvel instrument de terreur de manière systématique et large et ne pas le limiter aux proches des conjurés du 20 juillet 1944 et des membres du Nationalkomitee « Freies Deutschland" (Comité national “ Allemagne libre “).[..]

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