Chicard (détail), par Gavarni. Paris-musées, cliché Karin Maucotel.

Présentation des nouvelles acquisitions du fonds d'art graphique.

MAISON DE BALZAC
du 23 janvier au 21 avril 2002.

 

 

A travers cent dix dessins et gravures de Gavarni, la Maison de Balzac retrace les temps forts du carnaval du temps de Balzac, quand il envahissait les rues et les bals de Paris.

 

 

Infos pratiques :

Maison de Balzac
47, rue Raynouard
75 016 Paris
métro Passy / La Muette
RER C : Radio France - Kennedy
Bus : 32, 52, 70, 72

ouvert tous les jours sauf lundi et jours fériés,
de 10h à 17h40.

tarifs :
plein tarif : 3,30 € (22 FF)
tarif réduit : 2,20 € (15 FF)
tarif jeune (14 à 26 ans inclus) : 1,60 € (11 FF)
GRATUIT pour les jeunes jusqu'à 13 ans inclus.

 

Contacts presse :

Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris

Danièle Guyot
tél : 01 42 76 65 66
Florence Deluol
tél : 01 42 76 67 92
fax : 01 42 76 67 33

 

 

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Carnaval : Temps de réjouissance qui s'écoule depuis l'Epiphanie jusqu'au mercredi des Cendres. // Mascarades, réjouissances auxquelles on se livre durant le même temps.

" Chacun sait que depuis 1830 le carnaval a pris à Paris un développement prodigieux qui le rend européen et bien autrement burlesque, bien autrement animé que le feu carnaval de Venise ", écrit Balzac en 1841.

Dans les bals costumés alors organisés dans tout Paris, l'aristocrate côtoie l'ouvrier, l'avocat ou la grisette, les masques féminins les plus élégants se mêlent aux sauvages, arlequins, balochards, turcs, polichinelles, pierrots, débardeurs, titis, chicards ou flambards.
D'autres costumes inspirés de l'actualité envahissent Paris : " Si vous saviez combien il y a de Balzac au Carnaval dans les différents bals de Paris ! Que d'aventures j'endosse ! Cette année j'ai bien attrapé mon monde, je n'ai mis le pied nulle part " raconte l'écrivain à Mme Hanska.

Des aventures ? masques et costumes sont propices à la séduction, occasionnelle ou professionnelle. Jeunes ouvrières ou femmes du monde, maris et amants profitent de l'anonymat pour chercher de bonnes fortunes. Mais qui sait ce que peut cacher un domino et même un pierrot ? La ligne peut tromper, et l'on a vu, dans les cabinets privés des restaurants à la mode, quand sonne pour la femme le quart d'heure de Rabelais, tel conquérant naïf se trouver aux genoux d'une grand'mère d'ailleurs bien conservée...

Les coureurs de bals, les "chicards", dépensent alors sans compter. Balzac évoque dans Z. Marcas "ce joyeux carnaval [qui] amena, comme chez tous les étudiants, une grande misère. Nous nous étions défaits des objets de luxe ; nous avions vendu nos doubles habits, nos doubles bottes, nos doubles gilets, tous ce que nous avions en double, excepté notre ami. Nous mangions du pain et de la charcuterie, nous marchions avec précaution, nous nous étions mis à travailler, nous devions deux mois à l'hôtel, et nous étions certains d'avoir chez le portier chacun une note composée de plus de soixante ou quatre-vingts ligne dont le total allait à quarante ou cinquante francs.

Seul obstacle au déchaînement de la jeunesse parisienne - mais ô combien redoutable - le " municipal " veille à la préservation des bonnes mœurs : malheur à ceux qui se livreront à un entre-deux trop endiablé ou qui revêtiront un déguisement de nature à troubler l'ordre ou à blesser la décence ; ils risquent fort de terminer la nuit derrière les barreaux ! 

" Quoi qu'il en soit, le mois de mars prodiguait alors ces bals où la danse, la farce, la grosse joie, le délire, les images grotesques et les railleries aiguisées par l'esprit parisien arrivent à des effets gigantesques. Cette folie avait alors, rue Saint-Honoré, son Pandémonium, et dans Musard son Napoléon, un petit homme fait exprès pour commander une musique aussi puissante que la foule en désordre, et pour conduire le galop, cette ronde de sabbat... " (Balzac, La Fausse Maîtresse).

Car en ces temps à Paris, carnaval rime avec le bal : les masques se réunissent le soir dans les restaurants puis finissent la nuit dans des bals organisés spécialement lors de cette période, les plus connus étant, outre le bal Musard célébré par Balzac, ceux de l'Opéra, de l'Opéra-Comique, de l'Ambigu, et le bal Chicard.

Le jour, ce sont des cortèges et notamment la marche du bœuf gras, sélectionné dans ses herbages, amené à Paris puis promené dans la ville durant les deux journées précédant le mardi gras, suivi d'une foule masquée et déguisée. Le bœuf gras reçoit chaque année un nom différent et celui de 1845 s'appelle le Père Goriot, par antiphrase avec le régime alimentaire de la pension Vauquer et en hommage à la popularité des romans de Balzac.

Du 23 janvier au 21 avril, la Maison de Balzac donne à revivre ces temps de raffinement et de drôlerie, les danses endiablées, les scènes de séduction, les ambiguïtés et les tromperies, l'ivresse comme la poésie d'un moment, tels qu'a su les saisir et les populariser le spirituel crayon de Gavarni.

 

 

 

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