L’unité chargée de faire entrer de Gaulle
dans Paris, pour y affirmer la souveraineté française,
est la 2e DB. Son commandant, le général Leclerc,
compagnon de la première heure du général
de Gaulle, est l’un des chefs les plus illustres de la
France Libre ; il s’est notamment distingué à Koufra,
le 1er mars 1941, en prenant cet oasis du sud du Fezzan (en
Libye) aux Italiens, et en Tunisie. Leclerc est seul, parmi
les généraux de la France libre, à avoir
accepté d’adjoindre des unités entières
de l’armée d’Afrique, restées fidèles
au maréchal Pétain jusqu’au débarquement
anglo-américain du 8 novembre 1942, au Maroc et en Algérie,
aux quelques 3000 Français libres qu’il avait
amenés avec lui de Libye. Non sans mal, car les tensions
entre Français étaient encore très vives,
il est parvenu, avec l’apport supplémentaire de
plusieurs milliers d’évadés de France par
l’Espagne (2 500) à construire une division blindée
cohérente et très motivée de 14 500 hommes,
belle image de cette union retrouvée que de Gaulle souhaitait
instaurer en France sous son autorité.
Leclerc a été informé des intentions du
chef de la France Libre dès le mois de décembre
1943 : le capitaine de Boissieu lui a remis un ordre écrit
du général de Gaulle le nommant gouverneur militaire
de Paris par intérim et Eisenhower en a été informé.
Telle est la genèse des décisions qui se traduisent
fin avril-début
mai 1944par le transfert de la division en Angleterre, afin de parfaire son instruction.
Si elle figure sur la liste des unités qui débarqueront en France,
il n’est pas prévu qu’elle participe à l’établissement
de la tête de pont en Normandie pas plus que la 3e armée américaine
du général Patton, à laquelle, elle est rattachée.
Ce n’est qu’à partir du 20 juillet 1944, au moment où la
percée du front allemand en Normandie devient prévisible, qu’elle
est acheminée vers le sud de l’Angleterre puis embarquée
dans la région de Southampton. Elle atteint la plage d’Utah Beach,
près de Saint Martin-de-Varreville dans le département de la Manche,
le 1er août 1944. La mission de Leclerc est difficile car il dépend hiérarchiquement
des Américains auxquels sa division est intégrée et directement du général de
Gaulle pour la Libération de la Capitale.
Christine
Levisse-Touzé.