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Après
le 6 juin 1944
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Le
GPRF |
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Le général
de Gaulle [Archives américaines
/ Mémorial Leclerc -Musée Jean Moulin]

Extrait du journal Franc
Tireur du 24 août 1944.[Mémorial Leclerc
- Musée Jean Moulin]
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La
naissance officielle du gouvernement provisoire de la République
française le 3 juin 1944 résulte de la transformation
du Comité français de libération nationale
(CFLN) créé un an auparavant sous la double direction
du général de Gaulle et du général
Giraud. Le CFLN est devenu de facto une sorte de gouvernement
provisoire à la suite de la mise à l’écart
du général Giraud.
Les Américains, quelle que soit la légitimité du
général de Gaulle, l’homme du 18 juin, veulent,
comme en Italie, imposer l’administration d’un gouvernement
militaire allié (AMGOT). Ils ont du reste imprimer des billets
de banque sans référence au trésor public
français.
Pour de Gaulle, ces projets sont inacceptables. Il y va de la
légitimité du
CFLN (et donc du rang de la France). Il veut aussi éviter
une insurrection inorganisée qui pourrait déboucher
sur des débordements. L’ordonnance du 28 mars 1944
désigne le général Koenig comme chef du théâtre
d’opérations Nord (le général Cochet
est nommé au Sud), chef des FFI. Un autre organisme, le
COMIDAC, sous l’autorité de Billotte, planifie les
plans de l’insurrection militaire. Enfin, au plan politique,
l’entrée des communistes au CFLN (avril 1944) renforce
la position de De Gaulle et l’Assemblée consultative
continue à jouer son rôle de légitimation.
Le 15 mai 1944, elle vote à l’unanimité une
motion qui invite le CFLN à se transformer en GPRF.Cette
transformation est rendue officielle le 3 juin.
Pourtant, si les relations demeurent très tendues au moment
du débarquement en juin 1944, la situation évolue
aussi bien en Angleterre qu’aux Etats-Unis. Eisenhower comprend
que seul de Gaulle est en mesure d’assurer l’ordre
en France et donc la sécurité des arrières
des forces alliées.
Le 3 juin 1944, jour de création du GPRF, de Gaulle arrive à Londres.
La tension est alors à son comble avec Churchill, mais
de Gaulle, intraitable, refuse toute négociation sur l’administration
civile de la France. Le 6 juin, il parle à la BBC sans
mentionner les forces alliées. La prise du pouvoir effective
par les instances de la Résistance, le travail des officiers
de liaison, le rôle militaire de la Résistance,
enfin l’intronisation par le chef du gouvernement provisoire
du premier commissaire de la République, François
Coulet à Bayeux
le 14 juin 1944, et la libération de Paris avec la reconnaissance
populaire, conduisent Eisenhower à renoncer à toute
forme d’AMGOT (l'Administration militaire des territoires
occupés).
Christine Levisse-Touzé.
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L'Etat
Major à Londres
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Paris.
Place de l'Etoile. Le général Koenig, gouverneur
militaire de Paris (à g.)
et le général Eisenhower, commandant en chef des troupes
alliées (à dr.)
lors du défilé du
29 août 1944.
[Coll.
Leclerc / Mémorial Leclerc -
Musée Jean Moulin]
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Créé en mars 1944 sur ordre du CFLN et confié au
général Koenig, l’Etat-major FFI de Londres
est à l’origine purement français avec de Chevigné pour
les forces françaises en Grande-Bretagne et Passy (remplacé en
juin par l’ingénieur Ziegler) pour l’action
en France. Il est chargé de mettre en œuvre « les
décisions concernant l’intervention des organisations
de Résistance sur les arrières de l’ennemi. » A
la suite de la création en mai du quartier général
des « forces spéciales », organisme allié chargé de
la planification et de la coordination de l’action militaire
résistante en France, l’état-major FFI obtient
le commandement français de la résistance, avec effet
au 6 juin et Koenig intègre des représentants anglais
et américains, le jour J. Le 15 juillet, il est intégré dans
la structure interalliée avec l’incorporation des
deux sections action en France des services secrets britanniques.
Le colonel Vernon (Ziegler) a aussi deux représentants alliés
dont l’anglais Buckmaster. Sur les six bureaux de l’EMFFI,
le 2e confié au commandant Bertrand (auréolé de
son exploit d’avoir décrypté la machine Enigma),
chargé du renseignement, le 3e responsable de la conduite
des opérations aux ordres de Fleury, l’ingénieur
qui a piloté les liaisons radio des réseaux de zone
sud, venu réorganiser à Londres les transmissions.
Il est assisté d’un spécialiste anglais du
Special operations executive (SOE), le Colonel Barry. Le 6e bureau
commande les opérations Jedburgh. Le fonctionnement de l’EMFFI
dépend de l’état-major d’Eisenhower et
du QG des forces spéciales et de la RAF pour tout envoi
d’agents et d’armes.
Il a aussi été mis sur pied très tard. Pourtant
Koenig obtient un effort d’armement sans précédent
: 50 000 containers et 15 000 « colis » sont « droppés » entre
juillet et septembre 1944. Sur le terrain, l’encadrement
des résistants et maquisards par les délégués
militaires régionaux est insuffisant car leur emprise est
inégale. Koenig envoie des missions Jedburgh pour renforcer
l’encadrement départemental puis des « groupes
opérationnels américains » et des SAS formés
de 4 bataillons de troupes parachutées spécialisées.
Son représentant en France est le délégue
militaire national, le jeune général Jacques Chaban-Delmas,
chargé de transmettre ses instructions à l’état-major
FFI d’Ile-de-France dirigé par le colonel Rol-Tanguy.Mais
le Comité militaire de la résistance (COMAC) émanation
du CNR entend prendre toutes les décisions lors de l’insurrection
parisienne.
Christine Levisse-Touzé
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Le
CNR
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Présidé par Georges Bidault, le Conseil national
de la Résistance (CNR), a été mis sur pied
par Jean Moulin en 1943. Sorte de parlement clandestin, il rassemble
les partis politiques (communistes, socialistes, radicaux, démocrates-chrétiens,
l’Alliance démocratique et la Fédération
républicaine), deux syndicats (CFTC et CGT), huit mouvements
de résistance (3 de zone sud, Combat, Franc-Tireur, Libération
et 5 de zone nord : l’Organisation civile et militaire, Libération-nord,
Ceux de la Résistance, Ceux de la Libération, le
Front national pour l’indépendance de la France).
Cet organisme unique en Europe dans un pays occupé par les
forces allemandes apporte son soutien sans partage au général
de Gaulle, chef de la France a combat lors de la réunion
inaugurale à Paris le 27 mai 1943 présidé par
Jean Moulin. Après son arrestation, Georges Bidault est élu à la
présidence en septembre 1943. Mais si Jean Moulin cumulait
les fonctions de délégué général
et de président du CNR, celles-ci ont donné lieu,
depuis sa disparition à deux postes distincts.
Le bureau du CNR comprend outre Georges Bidault, Saillant (CGT),
Villon (Front national), Copeau (Mouvements unis de la Résistance
- Mur) et Blocq Mascart (Organisation civile et militaire). Jusqu’à la
libération, seul le bureau se réunit pour des raisons
de sécurité. Organisme de la Résistance préparant également
l’après libération, il a diffusé un
programme sur la réorganisation démocratique et économique
de la société plus connu sous le nom de « Programme
commun de la Résistance ». Il constitue la charte
de la République sociale à construire. Il s’affirme
en août 1944 comme l’institution la plus représentative
de la Résistance intérieure.
Le CNR affirme son autorité à diriger l’action
militaire en France, par la création d’un organe qui
doit, sur le plan intérieur, jouer un rôle similaire
au Bureau central de renseignement et d’action (BCRA), chargé de
la Résistance extérieure en mai 1944. C’est
le Comité d’action militaire du CNR (COMAC), composé de
trois membres : Villon, du Front national ; Kriegel Valrimont des
Mouvements unis de la Résistance (MUR), et le commandant
Jean de Vogüé – Vaillant -, des mouvements de
zone nord. Jusqu’au débarquement, le COMAC commande
les FFI et dispose d’un chef d’état-major des
Forces françaises de l’intérieur, en la personne
de Malleret-Joinville.
Christine Levisse-Touzé.
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Le
CPL
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Réunion
du bureau du Comité parisien
de la Libération dans un café : de g. à dr.,
Maynial, Rigal, Hamon, Rol, Carrel, Demarre, Tollet, Marie-Hélène
Lefaucheux, Marrane. Le 22 août, le CPL s’installe à l’Hôtel
de Ville [Musée de la Résistance
nationale de Champigny]

Extrait du journal La Marseillaise du 24 août 1944.
[Mémorial Leclerc - Musée Jean Moulin]
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A la fois comité de ville et de département, le
CPL, créé en septembre 1943, est présidé par
André Tollet, secrétaire général de
la CGT pour le département de la Seine. Il comprend 19 membres
représentant partis politiques, syndicats, organisations
de la Résistance. En pratique, son bureau de six membres
dirige la Résistance parisienne jusqu'à la Libération
et prépare l’insurrection en liaison avec le CNR et
la délégation générale présidée
par Alexandre Parodi. Le CPL joue un rôle important dans
la coordination de l’action immédiate contre l’ennemi,
lançant des appels à la population, organisant les
manifestations, l'aide aux réfractaires du Service du travail
obligatoire (STO), les grèves et toutes les actions de masse.
Animé par les représentants des organisations ouvrières
et communistes, il dirige la Résistance parisienne, certains
groupes armés et les milices patriotiques. Créées
le 15 mars 1944 par le CNR, celles-ci s’apparentent à une
sorte de police au service des comités locaux de libération.
En liaison étroite avec l’état-major local
des Forces françaises de l’intérieur (FFI),
le CPL prépare les mesures à prendre au jour du soulèvement
afin de coordonner l’action militaire et le mouvement insurrectionnel.
Ses appels à la population pour participer aux manifestations
et aux grèves, entretiennent un climat propice à la
combativité de la population parisienne. Ils suscitent aussi
le développement des sabotages qui s’intensifient
après le débarquement allié le 6 juin 1944.
Christine Levisse-Touzé
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