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Après le 6 juin 1944


 
   
     
 

Les Institutions / Les Forces alliées / La mobilisation des Parisiens


 
 

 

 

 

 
 
     

Les manifestations du 14 juillet

 
 


 
 

 

 

Depuis le 6 juin, le Comité parisien de la Libération incite les Parisiens à exprimer leur révolte. Les 1er et 7 juillet se sont déroulées des manifestations spontanées. A la veille du 14 juillet, le CPL et le CNR, appellent la population à une très forte mobilisation ; des tracts ont été diffusés en grand nombre dans les différents arrondissements. L’avance des armées alliées sur le territoire français accroît l’aspiration des Parisiens à refuser l’occupation allemande et le régime de Vichy. A l’instigation du mouvement de résistance, le Front national pour l’indépendance de la France et de l’union des syndicats et du parti communiste, environ 100 000 personnes manifestent spontanément à l’Arc de triomphe, place de la République et en banlieue, chantant la Marseillaise. Pour la première fois, la police n’est pas intervenue. Ces manifestations ont galvanisé les énergies et la Résistance a été plébiscitée, l’objectif étant de créer une atmosphère d’insécurité pour inquiéter l’adversaire et de revendication pour mieux impliquer les foules parisiennes. L’initiative est audacieuse car c’est la première fois qu’une action collective de cette ampleur est lancée contre les Allemands.

Christine Levisse-Touzé in Paris libéré, Paris retrouvé, Gallimard Découvertes, 1994, réédition 2004.

 
         

 

 
 
     
Presse et radio de la Résistance
 
 


 
 

Extrait du journal Défense de la France du 25 août 1944. [Mémorial Leclerc- Musée Jean Moulin]

 

Elle se met au travail le 20 août 1944. Par opposition à la voix de Vichy qui cesse ses informations, tant par radio (18 août), que par presse, elle offre des nouvelles objectives, vérifiées, tout en respectant la discrétion nécessaire. Toute la presse libre qui fleurit dès la révolte de Paris est invitée à s’en inspirer.
La presse collaborationniste cesse de paraître le 18 août. Le même jour, les journaux collaborationnistes, La Gerbe rue des Pyramides ; Je suis partout, rue de Rivoli, L’Intransigeant, rue Réaumur sont occupés. Le 20, les rédacteurs des journaux de la Résistance occupent leurs locaux. Ce Soir, Le Front national pour la lutte, la libération et l'indépendance de la France, Libération se partagent l’immeuble de Paris-Soir, rue du Louvre ; Combat, Franc-Tireur, Défense de la France, celui de L’Intransigeant ; Le Populaire et Libération s’installent dans celui du Matin, à l’angle du boulevard Poissonnière et de la rue du Faubourg-Poissonnière et L’Humanité dans celle du Petit Parisien, rue d’Enghien.
Dans la soirée du 21 août, Alexandre Parodi, ministre des territoires occupés, donne l’autorisation aux journaux de la Résistance de paraître au grand jour : Combat dont l’une des plumes les plus brillantes est indéniablement Camus ; Libération, Le Front national, Défense de la France, L’Humanité, Le Populaire, Le Parisien et L'Information Officielle et L’éphémère Journal des FFL.
Les résistants de la radio se trouvent déjà dans la place au 37, rue de l’Université. Dès 1942, Pierre Schaeffer a fondé un studio d’essai destiné à tester de nouvelles émissions et former des techniciens. Il a également rassemblé pour le jour de la libération, des disques enregistrés, chants nationaux, musique interdite. Il a été renvoyé par Philippe Henriot, ministre de l’Information du gouvernement de Vichy mais son équipe est restée. Dans la nuit du 20 au 21 août, le central de radio-diffusion, rue de Grenelle est occupé. Le poste y a été laissé en bon état. Les émissions clandestines sont diffusées.L’appel aux armes est diffusé par radio. Le 23 août dans l’après-midi, Pierre Crénesse diffuse son premier reportage en direct. Au studio d’essai de la rue de l’Université, la voix de la nation française se fait entendre par l’intermédiaire de Pierre Schaeffer dès le début de l’insurrection. Les reportages ont été diffusés en direct : le discours de Bidault à l’Hôtel de Ville, le 25 août au soir, l’entrée de la 2e DB, le défilé. La BBC n’a plus le monopole des messages. Le drapeau tricolore flotte sur l’antenne de la tour Eiffel.

 

Christine Levisse-Touzé

 
         
 
     
 
     
La naissance de l'AFP
 
 


 
 

 

 

Le 20 août, à 8 heures du matin, un petit groupe de résistants, journalistes et universitaires fait irruption, place de la Bourse, dans les locaux des bureaux de l'ancienne agence Havas, devenue sous Vichy, l'Office français d'information, le neutralise et donne naissance à l'Agence France presse (AFP). Le groupe est formé d'anciens rédacteurs d'Havas. Par téléphone, on prend contact avec les équipes des journaux clandestins du quartier qui s'apprêtent à paraître au grand jour. A 11h30, sort de la salle des ronéos la première dépêche AFP. L'AFP leur adresse son premier service. Jusqu'à la fin des combats dans Paris, les dépêches sont tirées sur des ronéos rudimentaires et distribuées par des cyclistes aux journaux et au PC de la Résistance. Le réseau des télétypes est mis en route par la suite.

Elisabeth Friederich, Responsable des manifestations photos, Direction de la Communication, AFP

 
         
 
 

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