Elle
se met au travail le 20 août 1944. Par opposition à la
voix de Vichy qui cesse ses informations, tant par radio (18 août),
que par presse, elle offre des nouvelles objectives, vérifiées,
tout en respectant la discrétion nécessaire. Toute
la presse libre qui fleurit dès la révolte de Paris
est invitée à s’en inspirer.
La presse collaborationniste cesse de paraître le 18 août.
Le même jour, les journaux collaborationnistes, La
Gerbe rue des Pyramides ; Je suis
partout, rue de Rivoli, L’Intransigeant,
rue Réaumur sont occupés. Le 20, les rédacteurs
des journaux de la Résistance occupent leurs locaux.
Ce Soir, Le Front national pour la lutte,
la libération et l'indépendance de la France, Libération se
partagent l’immeuble
de Paris-Soir, rue du Louvre ; Combat, Franc-Tireur, Défense
de la France, celui de L’Intransigeant ; Le
Populaire et
Libération s’installent dans celui
du Matin, à l’angle
du boulevard Poissonnière et de la rue du Faubourg-Poissonnière
et L’Humanité dans celle du Petit
Parisien, rue d’Enghien.
Dans la soirée du 21 août, Alexandre Parodi, ministre
des territoires occupés, donne l’autorisation
aux journaux de la Résistance de paraître
au grand jour : Combat dont l’une des plumes
les plus brillantes est indéniablement
Camus ; Libération, Le Front national, Défense
de la France, L’Humanité, Le
Populaire, Le Parisien et L'Information
Officielle et L’éphémère
Journal des FFL.
Les résistants de la radio se trouvent déjà dans
la place au 37, rue de l’Université. Dès 1942,
Pierre Schaeffer a fondé un studio d’essai destiné à tester
de nouvelles émissions et former des techniciens. Il a également
rassemblé pour le jour de la libération, des disques
enregistrés, chants nationaux, musique interdite. Il a été renvoyé par
Philippe Henriot, ministre de l’Information du gouvernement
de Vichy mais son équipe est restée. Dans la nuit
du 20 au 21 août, le central de radio-diffusion, rue de Grenelle
est occupé. Le poste y a été laissé en
bon état. Les émissions clandestines sont diffusées.L’appel
aux armes est diffusé par radio. Le 23 août dans l’après-midi,
Pierre Crénesse diffuse son premier reportage en direct.
Au studio d’essai de la rue de l’Université,
la voix de la nation française se fait entendre par l’intermédiaire
de Pierre Schaeffer dès le début de l’insurrection.
Les reportages ont été diffusés en direct
: le discours de Bidault à l’Hôtel de Ville,
le 25 août au soir, l’entrée de la 2e DB, le
défilé. La BBC n’a plus le monopole des messages.
Le drapeau tricolore flotte sur l’antenne de la tour
Eiffel.
Christine Levisse-Touzé