Avant même la fin de la Seconde Guerre mondiale, des cérémonies
ont lieu sous la présidence du chef du Gouvernement provisoire,
le général de Gaulle, pour rendre hommage aux combattants.
Deux actes officiels d’importance traduisent le sacrifice
de ces combattants et résistants : le 2 avril 1945, le
général de Gaulle décerne à la capitale
la Croix de la Libération au cours d’une cérémonie
réunissant combattants "de l’intérieur
et de l’extérieur". Le 18 juin 1945, à l’occasion
du 5e anniversaire de l’Appel, et à la suite de
la capitulation allemande, a lieu le défilé de
la Victoire. Résistants et troupes régulières
défilent de l’Arc de Triomphe à la place
de la Concorde, en présence du général de
Lattre de Tassigny et du général Leclerc, libérateur
de Paris, qui, ému, descend les Champs-Elysées
dans son char Tailly.
Jean Moulin
En dehors de ces cérémonies, des hommages immédiats
sont rendus aux grands acteurs de la Seconde Guerre mondiale.
Le chef de la Résistance, Jean Moulin, est honoré tout
de suite : le 27 mai 1945, le général de Gaulle
dévoile une plaque à sa mémoire au 48 rue
du Four où le CNR s’est réuni pour la première
fois deux ans plus tôt.
Des hommages
lui sont aussi rendus dans les ministères,
sur les lieux privés et publics et par des monuments.
Début 1946, le nom de Jean Moulin est attribué à un
square près du cimetière de Montrouge, à la
porte de Châtillon. En novembre 1947, Vincent Auriol, Président
de la République, inaugure une stèle au ministère
de l’Air pour honorer celui qui fut le chef de cabinet
de Pierre Cot et une autre, en avril 1948, au ministère
de l’Intérieur, pour le préfet et les fonctionnaires
morts pour la France.
Le 26 mars
1958 une plaque est dévoilée sur l’immeuble
du 26 rue des Plantes (14e) où Moulin loua un studio de
1934 à 1938 quand il était en poste aux ministères
de l’Air puis du Commerce et de l’Industrie aux côtés
de Pierre Cot. Peu après le transfert de ses cendres au
Panthéon le 19 décembre 1964, la municipalité s’étant
aperçue qu’il n’y avait pas de rue Jean Moulin à Paris,
la rue de la porte de Châtillon, près de son studio
de la rue des Plantes, est rebaptisée "avenue Jean
Moulin".
Le
général Leclerc
Le 6 décembre 1947, la dépouille du général
Leclerc mort accidentellement le 28 novembre, est ramenée à Paris
par la route depuis Toulon, en respectant fidèlement,
aux abords et dans la capitale, l’itinéraire emprunté par
le libérateur de Paris les 24 et 25 août 1944. Déposé à Saint-Louis
des Invalides, son cercueil est transporté et exposé le
lendemain sous l’Arc de Triomphe pour un dernier hommage
des Parisiens et des Anciens de sa division. Comme tous les grands
militaires, il est inhumé dans la crypte des Invalides
le 8 décembre à l’occasion d’obsèques
nationales.
A l’occasion du 4e anniversaire de la Libération
de Paris, la mairie du 14e arrondissement fait réaliser,
place Ferdinand Brunot, un buste à sa mémoire pour
témoigner son attachement particulier au libérateur.
Le 18 juin 1949, l’avenue de la Porte d’Orléans
par laquelle Leclerc est entré dans Paris le 25 août
1944 est rebaptisée "avenue du général
Leclerc". Le matin-même, a été inauguré le
Pont de Bir Hakeim.
En septembre 1948, l’Assemblée nationale vote une
loi décidant l’édification à Paris
d’un monument à la mémoire du général
Leclerc. Une souscription nationale est ouverte et, 20 ans plus
tard, la statue du général Leclerc est dévoilée,
place de la Porte d’Orléans, par Georges Pompidou,
Président de la République lors du 25e anniversaire
de la Libération de Paris, en présence de sa famille
et de ses compagnons. Ce monument réalisé par Raymond
Subes et Raymond Martin, est constitué d’un piédestal
de granit gravé d’un texte rappelant l’épopée
de Leclerc. Dans les années 1980, l’Etat transfère
la propriété du monument à la Ville de Paris.
Tous les ans, les 8 mai et 25 août, une cérémonie
a lieu devant la statue. Le 28 novembre 1997, pour le 50e anniversaire
de la disparition de Leclerc, le monument, en grande partie refait
par l’architecte M. Dubuisson, est dévoilé par
le Maire de Paris, Jean Tibéri. Il présente un
socle plus massif sur lequel ont été gravés
les noms des soldats ayant combattu sous les ordres de Leclerc
de 1940 à 1947.