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Musée du petit Palais
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| Francisco GOYA (1746 1828)
3 exemples de la série des Caprices
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© PMVP, cliché : P. Pierrain |
© PMVP, cliché P. Pierrain |
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Ces
gravures viennent compléter admirablement le fonds de gravures de Goya
que possède, déjà, le Petit Palais . Lacquisition des vingt plus
belles gravures disponibles des « caprices » permettrait de
commencer à en réunir la série complète, qui se compose de
quatre-vingt gravures. Le cabinet des estampes du musée des Beaux - Arts de la ville de Paris Petit Palais a été constitué par Eugène Dutuit (1807 1886). En lespace de quarante ans de 1840 environ à mannée de sa mort ce collectionneur et historien de la gravure est parvenu à rassembler un ensemble de plus de 12000 estampes originales depuis les origines de la gravure jusquau début du XIXème siècle. Cette collection destampe était, par principe, ouverte à toutes les écoles et pratiquement tous les grands noms qui ont illustré lart de la gravure y sont représentés. Si peu de lacunes sont à déplorer (Piranèse étant lune delle), cette collection est réputée par lexceptionnelle beauté des uvres de prédilection de Dutuit : Écoles du Nord illustrées par les uvres complet de Rembrandt, Schongauer et Dürer ( présenté lors dexposition au musée du Petit Palais en 1986, 1993, et 1996) ; ainsi que celui de Lucas de Leyde ; École Italienne (Nielles, primitifs et uvres de Marc-Antoine Raimondi, Stefano della Bella, Salvator Rosa) ; École française (Callot, Claude Gellée, Nanteuil). LÉcole espagnole, qui produisit très peu de graveurs, mais fort originaux comme Ribera et Goya, occupe une place particulière dans la collection dutuit. Francisco Goya, qui domine cette école et figure parmi les meilleurs aquafortistes de lart occidental, a composé quatre ensemble gravés : les caprices, les Désastres de la Guerre, la Tauromachie et les Proverbes. Or Eugène Dutuit est parvenu à acquérir un ensemble exceptionnel de la Tauromachie (33 planches de la première édition de 1816 et 27 variantes) ainsi quun illustre exemplaire relié des Caprices en épreuves dessai, de la première édition (1799) Il a toujours paru souhaitable de compléter ce fonds de gravures de Goya par la série des Proverbes et par des planches Caprices.
Francisco GOYA (1746 1828) Les
Caprices
(1793 - 1799) Les Caprices, recueil de quatre vingts planches gravées à leau forte entre 1793 et 1799, sont la première et magnifique expression du génie de Goya graveur. Une conjonction dévènements politiques et de drames personnels ont déjà transformé le jeune artiste mondain en un créateur intransigeant et profondément original : brisé par la maladie et une surdité totale survenue en 1792, Goya est le témoin lucide de leffondrement social et politique de son Espagne natale où la lâcheté et la corruption du pouvoir vont provoquer la guerre civile et linvasion napoléonienne de 1808. Lunivers des Caprices est une réponse à ces drames et ricanement libérateur face aux travers humains et politiques de son temps. Dans un affrontement acerbe des noirs et des blancs, des créatures grotesques et « capricieuses » jouent le spectacle aux cent visages divers dune humanité corrompue, vicieuse, hypocrite et vaine. Le jeune Goya a découvert et exprimé à sa façon que le monde est une absurde et cruelle pantomime. Les Proverbes ou Disparates constituent la dernière suite gravée à leau forte par Goya et sont lultime témoignage artistique dun homme parvenu dans sa vieillesse et frappé une nouvelle fois par la maladie, en 1819. Sa jeunesse et sa santé sont définitivement envolées de même que ses espérances sur une évolution favorable du monde et de son propre pays. Lartiste est devenu linterprète dune vision absurde de lexistence où règne la férocité des forces du mal et de lhypocrisie, avant le triomphe final de la vieillesse, de la douleur et de la mort. Les Proverbes, dont la compréhension précise est encore incertaine, peuvent être regardés comme de nouveaux Caprices, mais des Caprices où le fantastique et le mystérieux dominent lesprit de lartiste hanté par les fantôme du pur monde des songes. Considérés
comme le sommet de lart de Goya , les Proverbes sont une
sublimation des thèmes goyesques par excellence que sont la cruauté,
la terreur et labsurdité, mais imprégné de mystère et de rêve. Ils peuvent être considérés aussi
comme une obscure lucarne ouverte sur le surnaturel et, à ces titres,
ils contiennent en puissance tout ce que notre temps a appelé
expressionnisme et surréalisme. |
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