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Musée du petit Palais

 

Francisco GOYA (1746 – 1828)

3 exemples de la série des Caprices

 

Caprices Caprices

© PMVP, cliché : P. Pierrain

© PMVP, cliché P. Pierrain

Caprices
© PMVP, cliché : P. Pierrain

 


20 gravures des Caprices
Première édition
Eau-fortes et aquatintes originales,
Dimensions variées
1799-1816
inv. G DUT 10633 à 10 652


Une série complète de gravure des Proverbes,
Première édition,
186
inv. G DUT 10653 à 10670

 

Ces gravures viennent compléter admirablement le fonds de gravures de Goya que possède, déjà, le Petit Palais . L’acquisition des vingt plus belles gravures disponibles des « caprices » permettrait de commencer à en réunir la série complète, qui se compose de quatre-vingt gravures.


Le cabinet des estampes du musée des Beaux - Arts de la ville de Paris – Petit Palais – a été constitué par Eugène Dutuit (1807 – 1886). En l’espace de quarante ans – de 1840 environ à m’année de sa mort – ce collectionneur et historien de la gravure est parvenu à rassembler un ensemble de plus de 12000 estampes originales depuis les origines de la gravure jusqu’au début du XIXème siècle.

Cette collection d’estampe était, par principe, ouverte à toutes les écoles et pratiquement tous les grands noms qui ont illustré l’art de la gravure y sont représentés. Si peu de lacunes sont à déplorer (Piranèse étant l’une d’elle), cette collection est réputée par l’exceptionnelle beauté des œuvres de prédilection de Dutuit : Écoles du Nord illustrées par les œuvres complet de Rembrandt, Schongauer et Dürer ( présenté lors d’exposition au musée du Petit Palais en 1986, 1993, et 1996) ; ainsi que celui de Lucas de Leyde ; École Italienne (Nielles, primitifs et œuvres de Marc-Antoine Raimondi, Stefano della Bella, Salvator Rosa) ; École française (Callot, Claude Gellée, Nanteuil).

L’École espagnole, qui produisit très peu de graveurs, mais fort originaux comme Ribera et Goya, occupe une place particulière dans la collection dutuit. Francisco Goya, qui domine cette école et figure parmi les meilleurs aquafortistes de l’art occidental, a composé quatre ensemble gravés : les caprices, les Désastres de la Guerre, la Tauromachie et les Proverbes. Or Eugène Dutuit est parvenu à acquérir un ensemble exceptionnel de la Tauromachie (33 planches de la première édition de 1816 et 27 variantes) ainsi qu’un illustre exemplaire relié des Caprices en épreuves d’essai, de la première édition (1799)

Il a toujours paru souhaitable de compléter ce fonds de gravures de Goya par la série des Proverbes et par des planches Caprices.

 

Francisco GOYA (1746 – 1828)

Les Caprices (1793 - 1799)
Les Proverbes ou Disparates (1819 – 1823)

 Les Caprices, recueil de quatre vingts planches gravées à l’eau forte entre 1793 et 1799, sont la première et magnifique expression du génie de Goya graveur.

Une conjonction d’évènements politiques et de drames personnels ont déjà transformé le jeune artiste mondain en un créateur intransigeant et profondément original : brisé par la maladie et une surdité totale survenue en 1792, Goya est le témoin lucide de l’effondrement social et politique de son Espagne natale où la lâcheté et la corruption du pouvoir vont provoquer la guerre civile et l’invasion napoléonienne de 1808.

L’univers des Caprices est une réponse à ces drames et ricanement libérateur face aux travers humains et politiques de son temps. Dans un affrontement acerbe des noirs et des blancs, des créatures grotesques et « capricieuses » jouent le spectacle aux cent visages divers d’une humanité corrompue, vicieuse, hypocrite et vaine.

Le jeune Goya a découvert et exprimé à sa façon que le monde est une absurde et cruelle pantomime.

Les Proverbes ou Disparates constituent la dernière suite gravée à l’eau forte par Goya et sont l’ultime témoignage artistique d’un homme parvenu dans sa vieillesse et frappé une nouvelle fois par la maladie, en 1819. Sa jeunesse et sa santé sont définitivement envolées de même que ses espérances sur une évolution favorable du monde  et de son propre pays. L’artiste est devenu l’interprète d’une vision absurde de l’existence où règne la férocité des forces du mal et de l’hypocrisie, avant le triomphe final de la vieillesse, de la douleur et de la mort.

 Les Proverbes, dont la compréhension précise est encore incertaine, peuvent être regardés comme de nouveaux Caprices, mais des Caprices où le fantastique et le mystérieux dominent l’esprit de l’artiste hanté par les fantôme du pur monde des songes.

 Considérés comme le sommet de l’art de Goya , les Proverbes sont une sublimation des thèmes goyesques par excellence que sont la cruauté, la terreur et l’absurdité, mais imprégné  de mystère et de rêve. Ils peuvent être considérés aussi comme une obscure lucarne ouverte sur le surnaturel et, à ces titres, ils contiennent en puissance tout ce que notre temps a appelé expressionnisme et surréalisme.

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