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MUSEE GALLIERA - Musée de la Mode de la Ville de Paris

Manteau de représentant du peuple
1795-1799

Manteau de représentant du peuple
© PMVP, cliché : Degraces et Joffre

Drap de laine rouge, applications de drap de laine bleue
Provenance : 
don de Monsieur André Tissot-Dupont, 1972
Inv.: GAL1972.26.1

Ce manteau, rare exemple d’uniforme civil du XVIIIe siècle conservé dans une collection publique, est un parfait témoignage de l’importance politique du costume.

Dès avril 1792, en plein conflit avec Louis XVI, l’assemblée législative établit la nécessité pour les fonctionnaires de porter un costume distinctif qui conforterait visuellement leur autorité. Trois années plus tard, en 1795, la Constitution de l’an III, adoptée par la Convention  prévoit le port d’un uniforme civil pour les membres en fonction du Conseil des Anciens et des Cinq-Cents représentant le nouvel appareil législatif du futur Directoire.

Deux conceptions s ’opposent  autour de ces costumes. La première désire un costume unique, égalitaire et esthétique, hors de la mode contemporaine. Elle est illustrée par la série des dessins du peintre Louis David (1748-1825 ) qui   présente différents fonctionnaires en tunique ceinturée. Le représentant du peuple dont le dessin est conservé au musée Carnavalet, arbore sur celui-ci une cape agrafée sur l’épaule droite et une toque haute ornée d‘une aigrette.

Cependant, une autre opinion s’impose qui recherche avant tout la fonctionnalité de l’uniforme. Au projet de l’Abbé Grégoire initialement adopté  en 1795 qui prévoyait une robe antiquisante blanche et un manteau écarlate pour les membres des Cinq-Cents, le décret du 29 brumaire an VI ( 19 novembre 1797 ) substitue à la robe, un habit français plus pratique.

Le manteau dont la couleur rouge évoque la souveraineté est un vaste demi-cercle de 2,90 mètre de diamètre  retenu sur l’épaule gauche par une ganse de passementerie d’or malheureusement ici manquante. S’il évoque la toge romaine par sa coupe, il se réfère directement à la chlamyde grecque  par son agrafage sur l’épaule droite. Le décor de la bordure formé de tridents et de palmettes de laine appliqués complète la citation antique.

Ainsi, la combinaison d’un habit de forme contemporaine à un manteau antiquisant, traduit bien un compromis idéologique entre  la fascination de l’antique et sa promesse  d’immortalité et la réalité française du moment. 

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