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Au
Salon dAutomne de 1905 à Paris, le public découvrait
les Fauves. " Les couleurs devenaient des cartouches de dynamite
; elles devaient décharger de la lumière ".
Ainsi Derain évoquera-t-il le Fauvisme auquel il participa
pleinement et dont ses Trois personnages dans un pré
permettent de dégager les composantes essentielles : tout
en explorant le thème traditionnel du nu dans la nature, il
cherche à " grouper des formes dans la lumière
et purifier de plus en plus la transposition de la nature ".
Les personnages aux couleurs chaudes et violentes font masse, frappant
déblouissement notre regard. Des contrastes sopèrent
à même les corps dont seuls quelques traits bleus forment le contour
et dont le modelé, qui nest plus leffet dun
clair-obscur, surgit du morcellement des surfaces peintes par aplats.
Lexaltation des couleurs, leur choix répondent au seul
souci dexprimer une vision instantanée en construisant
des formes capables den retenir la charge émotionnelle.
Une vague verte, une bande bleue suffisent à composer un paysage que
ses couleurs froides laissent en retrait, toile de fond dun
théâtre devant laquelle apparaissent trois personnages :
leur corps schématisé, leur visage réduit à sa
plus simple expression (comme ces masques nègres que Derain
vient dadmirer à Londres) captent la lumière et lincorporent
à tel point que leur ombre portée fait corps avec eux.
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