|
L'Héraklès
Archer est l'œuvre la plus connue d'Antoine Bourdelle. Par sa construction
rigoureuse et la stylisation de ses formes, elle correspond à la période
de maturité de l'artiste.
Inspiré de la mythologie, Héraklès tuant les oiseaux du lac Stymphale
illustre le cinquième des douze travaux du héros grec.
Pour la réalisation de cette oeuvre, Bourdelle demanda en 1906 à son
ami le commandant Doyen-Parigot de poser pour lui. Il modela plusieurs
études avant de réaliser un petit modèle qu'il considéra comme achevé.
Lors d'une visite d'atelier, le financier et mécène Gabriel Thomas
fut très impressionné par la sculpture au point d'en demander un agrandissement
à Bourdelle pour sa propriété de Bellevue. Exposé à la Société Nationale
des Beaux-arts au printemps 1910, cet agrandissement en bronze doré
fut considéré comme "le clou" du Salon : "La redoutable
hardiesse et la nouveauté de l'attitude (...) l'étrangeté de la physionomie
(...) la puissance du modelé (...) la largeur et la franchise de l'exécution
font un morceau de premier ordre de cette statue" écrivit Estienne
Charles dans Liberté le 28 avril 1910.
Après 1920, l'artiste modifia légèrement le modelé de sa sculpture.
Le plâtre exposé au Musée Bourdelle est issu de cette seconde mouture.
On note l'adjonction d'un bandeau qui court le long de la base ainsi
que du monogramme créé en 1921, et l'inclusion de deux petits bas-reliefs
illustrant deux autres travaux d'Héraklès : ses combats contre le
Lion de Némée et l'Hydre de Lerne.
L'Héraklès Archer apporta à Bourdelle la notoriété et lui facilita
par la suite l'obtention de commandes monumentales.
|