Les supports
souples
Les fonds de négatifs anciens sur supports souples en nitrate ou
en acétate de cellulose sont nombreux dans les archives, les bibliothèques,
les cinémathèques ainsi que dans certains musées.
Le nitrate de cellulose, commercialisé par Kodak en 1889, est la
première matière plastique utilisée comme support photographique
et cinématographique. L'engouement pour ce nouveau support sera cependant
réfréné par son caractère extrêmement
inflammable, source de nombreux incendies. Afin de remédier à
cet inconvénient majeur, l'industrie développe dans les années
1920 et 1930 de nouvelles matières plastiques à base d'acétate
de cellulose qui seront qualifiées de " films de sécurité
" par opposition à leur prédécesseurs, les "
films flamme ". En 1951, alors que le triacétate de cellulose
offre enfin depuis trois ans des qualités proches du nitrate, la
fabrication de ce dernier est interdite. |
| Autodécomposition
et danger de ces supports
Ces supports plastiques présentent une instabilité chimique
qui menace les collections à divers titres. Le plus remarqué
est l'autodécomposition, plus ou moins rapide, mais toujours inéluctable,
de ces matières dont l'aboutissement est la destruction totale
des négatifs originaux. Il s'agit là d'un phénomène
fréquemment constaté dans les collections anciennes, en
France comme à l'étranger. Par ailleurs, la décomposition
de ces supports, et tout particulièrement du nitrate de cellulose,
est accompagnée de dégagements de gaz nocifs pour les collections
environnantes et toxiques pour l'homme. Enfin, les films en nitrate de
cellulose dégradés peuvent s'enflammer spontanément
à partir d'une température de 40°C. Les feux de nitrate
de cellulose sont extrêmement violents, toxiques et ne peuvent pas
être éteints avant combustion complète. |
Exemple de décomposition
de négatifs en nitrate de cellulose :
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Exemple de dégradation de négatifs
en acétate de cellulose

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| Plan
de prévention des risques et de conservation de ces négatifs
Dans un souci d'écarter les dangers engendrés par ces négatifs
et pour prévenir la disparition de collections patrimoniales majeures,
la Direction des Affaires culturelles de la Ville de Paris a chargé
l'ARCP d'effectuer une campagne d'études dans les collections municipales
concernées afin de définir un cadre global d'intervention.
Ce plan a été intensifié dans le cadre du plan d'urgence
de prévention d'une crue de la Seine. Il était en effet
primordial de s'assurer que des négatifs dangereux ne soient pas
stockés avec d'autres collections patrimoniales devant être
déplacées en zone non inondable. Pour mener ces études
à bien dans des délais satisfaisants, deux vacataires spécialisées
sont venues renforcer l'équipe de l'ARCP. |
| Les études
effectuées in situ, en étroite collaboration avec les responsables
des collections, comportent les points suivants :
- le recensement et l'identification technique des négatifs en
nitrate et en acétate de cellulose ;
- l'évaluation de l'état de dégradation et du danger
des négatifs identifiés ;
- l'estimation globale du volume de négatifs concernés qui
permettra de définir les besoins en espace de stockage ;
- la mise en uvre de mesures de conservation urgentes lorsque l'état
des négatifs l'impose ;
- la définition des priorités de campagnes de duplication
des négatifs les plus altérés ;
- l'énoncé de recommandations, sur le plan de la sécurité
et de la conservation, adaptées aux demandes spécifiques
des collections et à leur usage des fonds.
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Travail de l'ARCP in situ |
| Faisant suite aux études spécifiques dans chaque
institution, un plan général de duplication des négatifs
les plus dégradés et de stockage sécurisé répondant
aux normes est en cours d'élaboration. |
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