Tri et nettoyage
Les daguerréotypes,
ambrotypes ou
ferrotypes dans leur écrin d'origine, ne nécessitent
souvent qu'un dépoussiérage externe à l'aide d'une brosse douce en
poils de martre, par exemple. Si l'écrin d'un daguerréotype est ouvert
ou mal scellé, il vaut mieux faire remonter la plaque par des spécialistes.
Ne jamais toucher la surface nue d'un daguerréotype, l'image risquerait
de s'effacer ! Les écrins doivent être archivés à plat, dans
des boîtes ou dans des tiroirs et protégés de la chaleur et de l'humidité.
Archivage
Les images sur papier une fois dépoussiérées doivent être stockées selon l'usage qui
leur est réservé. Quel qu'en soit le choix (passe-partout, pochette, chemise,
classeur...), il faut isoler les images les unes des autres et les protéger des
abrasions.
Il est fondamental d'autre part d'employer des matériaux chimiquement inertes. Le soufre
et l'acidité, présents naturellement dans l'entourage des images historiques (adhésifs,
cartons, boîtes, albums...) sont les pires ennemis du grain d'argent ou du papier de
support. L'humidité ambiante est l'autre facteur que vous aurez à combattre : elle
provoquera des gonflements et des adhésions d'émulsions, permettra la croissance des
moisissures, activera les altérations chimiques de vos images. Trouver donc un lieu de
stockage à une température modérée et le plus sec possible. Vos étagères ou armoires
métalliques doivent être recouvertes d'une peinture cuite au four. Toute laque ou vernis
contenant des solvants ou des peroxydes attaquerait vos images dans le temps.
Contretypage
La plupart des images en couleur ou des négatifs sur nitrates de cellulose (1890-1930),
instables, doivent être reproduits sur supports stables (cibachrome ou film de
sécurité) avant que l'original ne s'efface. Les photographies sont des objets
particulièrement fragiles. Les entourer de matériaux de bonne qualité vous permettra de
les conserver en bon état pendant de nombreuses années.
Si vous avez à marquer vos images, utilisez un crayon noir de bonne qualité au dos et
dans les marges ; n'employez jamais d'encres synthétiques de nature inconnue (stylo,
feutre...). Enfin un bon contretype vous permettra parfois de retrouver des détails
perdus sur vos originaux jaunis. Vous pourrez protéger vos photographies d'époque en
faisant circuler et en manipulant leurs reproductions.
(Anne Cartier-Bresson, "Comment conserver votre patrimoine photographique?
", La Gazette de Carnavalet, n°3, Musée Carnavalet-Ville
de Paris, Juillet 1991.)