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Notice établie par
Joëlle Raineau.
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né à Paris le 18 décembre 1820
mort à Paris le 24 mars 1883
Bertall entre dans l'atelier de Drolling et se forme en dessin. Il laisse une production très abondante. Béraldi prétend que l'artiste a réalisé un millier de dessins humoristiques d'actualité et plusieurs centaines de gravures pour des éditions illustrées.
Bertall commence sa carrière en illustrant des romans populaires en deux colonnes dits "à 4 sous" pour les éditeurs Barba, Cooper ou Paul de Kock.
Puis, en 1843, le jeune dessinateur qui avait découvert Balzac dans ses deux dernières années de collège travaille pour l'éditeur Paulin. Bertall " se propose timidement à la personne chargée de l'édition de
La Comédie humaine " et raconte dans ses Souvenirs intimes son premier dessin d'après Balzac, Madame Vauquer, et sa première rencontre avec l'auteur : " - Eh bien essayez donc, me dit-on.
J'essayai.
Mon premier dessin d'après Balzac, est là devant moi. C'était la maman Vauquer du père Goriot que j'avais entrepris de représenter. Je ne disputerai pas la valeur du dessin. Mais le lendemain du jour où le bon à tirer du volume fut porté à l'auteur, il était neuf heures du matin, un monsieur vint sonner à ma porte [...] Du premier coup d'œil je reconnus M. de Balzac que je n'avais jamais vu, aux descriptions qui m'en avaient été faites. Cette tête puissante, cet œil fin et inquisiteur, ces cheveux grisonnants rejetés en arrière, c'était lui. Je devins pâle d'émotion, j'avais comme un tremblement nerveux, et mes jambes semblaient se dérober sous moi […] J'ai copié mot à mot, trait par trait, la description que vous en avez faite et j'ai taché de ne point oublier ni un trait ni un mot. " (cité dans le
Supplément littéraire du Dimanche du Figaro, daté " Samedi 20 août 1881 ", repris par Roger Pierrot dans le
Courrier balzacien N°58, 1er trimestre 1995, p. 31-32).
Balzac vient encourager le jeune artiste : " Eh bien, mon enfant, rien n'est plus ressemblant, le type est celui que j'ai dessiné. La maman Vauquer existait, et je l'ai décrite telle qu'elle était, et telle que je la vois dans votre dessin […] Depuis, il vint me voir fréquemment et me prit en amitié. " (Cité par Roger Pierrot, p. 32). Par la suite, l'écrivain prie l'éditeur de donner de nouveaux dessins à Bertall.
L'artiste apporte la contribution la plus abondante à l'illustration de
La Comédie humaine. Sur les cent seize gravures sur bois* de l'édition Furne, cinquante-et-une lui sont attribuées. Bertall travaille avec douze graveurs environ : Barbant (1), Baulant (7), Brevière (8), Caqué (3), Castan (1), Diolot (1), Leblanc (11), Loiseau (2), Montigneul (1), Rouget (1), Soupey (1), Soyer (3), Tamisier (5) et Timms (1). Cinq gravures ne portent que son nom. S'agit-il de
gravures originales* ?
L'artiste signe souvent avec la lettre "B". Au début de sa carrière, il indique également sur ses dessins "Bertal", anagramme d'Albert, puis change son pseudonyme en "Bertall" sur les conseils de Balzac : " Ecrivez Bertall, lui dira bientôt Balzac, cela prend immédiatement une physionomie, une sorte de caractère inaccoutumé. Et puis avec deux l, ajouta-t-il en souriant, on ne prend que mieux son essor […] et depuis j'ai toujours signé ce nom ainsi patronné par Balzac" (cité par Roger Pierrot, p.32). Aussi trouve-t-on ces trois signatures sur les gravures en
bois de bout* de l'édition Furne.
Bertall collabore avec Gavarni à l'illustration du Diable à Paris (1844-1845). Il propose ses dessins pour la partie consacrée à
Paris et les Parisiens et en particulier pour la série
Paris comique. Il illustre aussi les Petites misères de la vie conjugale en 1845-1846 pour lesquelles Balzac lui donne encore des conseils (consulter à ce sujet : Thierry Bodin, "Petites Misères d'une préface",
L'Année Balzacienne, 1980, p. 163-168). Cette ouvrage regroupe 310
vignettes* et 50
gravures hors
texte*. La composition du
frontispice* de Bertall est repris pour l'affiche de librairie. D'ailleurs, des gravures de l'artiste ont servi à différentes affiches :
Paris dans l'eau, Paris à Table, les Guêpes illustrées, les
Guêpes au Salon, les Aventures de Tom Pouce ou
Paul et Virginie.
Bertall rendra visite à Balzac à Passy à plusieurs reprises et le décrit " dans sa robe blanche légendaire de moine, serrée à la taille par une cordelière. Le cou nu, les cheveux grisonnants hardiment rejetés en arrière. C'est là et dans ce costume, que j'ai pu faire le croquis dont la gravure figure en tête de l'édition ".
Le portrait de Balzac par Bertall destiné à figurer en tête du premier volume, a été livré aux souscripteurs avec le volume XVII (1853-1855) de l'édition "Furne et cie." Ce portrait est le premier d'une longue série. La liste du fonds graphique de la Maison de Balzac offre un aperçu des différents portraits de Balzac par cet artiste. Bertall a également illustré de nombreux livres pour enfants, par exemple le
Nouveau Magasin des enfants ou la Bibliothèque
rose. Pour la presse, il réalise des lithographies* ou des dessins sur bois notamment pour
l'Illustration, la Semaine, la Revue
Comique, le Journal pour Rire, le Journal amusant ou le
Magasin pittoresque. Bertall a lui-même écrit et illustré des ouvrages ce qui est peu commun :
Les Infortunes de Touche-à-tout, Hachette, 1861 ;
Mlle Marie-sans-soin, Hachette, 1867 ; M. Hurluberlu et ses déplorables
aventures, Hachette, 1869 ; La Comédie de notre
temps, Plon, 1874-1876 ; Pierre l'irrésolu, Hachette, 187 ;
Les Contes de ma mère, Plon, 1877 ; La Vigne, voyage autour des vins de
France, étude physiologique...Plon, 1878 ; Jean le
paresseux, Hachette, 1879 ; Les Plages de France, Marpon et Flammarion, 1886 ;
Georges le distrait, Ardant, 1889 ou Les Enfants
terribles, Lahure [sans date].
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