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Notice établie par
Joëlle Raineau.
(1) Le père de Daumier écrivait des poèmes, des
tragédies et des odes.
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peintre, sculpteur, dessinateur,
lithographe et graveur
né le 26 février 1808 à Marseille
mort le 10 février 1879 à Valmondois
Issu d'une famille modeste, Daumier travaille dès
l'âge de douze ans chez un huissier. L'année suivante,
en 1821, il devient commis chez un libraire du
Palais-Royal à proximité des marchands d'estampes*
Lenoir et Jauffrey et commence sans doute à dessiner. A
quatorze ans, l'artiste devient élève dans l'atelier
d'Alexandre Lenoir, un ami du père de Daumier (1),
peintre et archéologue, professeur à l'Athénée
royale des arts de Paris. A l'Académie Suisse et à
l'Académie Boudin, Daumier rencontre les peintres
Théodore Leblanc, Louis-Henri de Rudder,
Philippe-Auguste Jeanron et le sculpteur Antoine-Auguste
Préault. A cette période, l'artiste fait ses premiers
essais en lithographie* (1822-1824) : la toute première,
Le Dimanche, signé H.D. est déposée au
ministère de l'intérieur par Godefroy Engelmann.
A dix-sept ans, Daumier entre dans l'atelier de
Zéphirin Belliard (né en 1798 à Marseille),
spécialisé dans le portrait lithographié. Il y
prépare les pierres lithographiques.
Dans les années 1830, plusieurs lithographies de
Daumier sont publiées dans La Silhouette et La
Caricature, journaux fondés par Charles Philipon.
Il rejoint donc le groupe constitué par Grandville,
Gavarni, Monnier, Raffet, Traviès, Pigal, Charlet,
Desnoyers et Balzac. L'artiste travaille pour plusieurs
journaux antigouvernementaux ou pour les revues
satiriques de son époque : Le Charivari, L'association
mensuelle lithographique. Il peint également ses
premiers tableaux.
Entre 1832 et 1835, Philipon lui commande de nombreux
portraits-charges* en terre glaise pour Le Charivari.
Ces maquettes sculptées ont servi à exécuter
plusieurs dessins publiés dans ce journal. Les satires
politiques qui y sont éditées sont de plus en plus
sévèrement réprimées. Les lithographies de Daumier Ils
ne font qu'un saut (non signée) et Gargantua
(Signée L.D.) sont saisies dans la boutique d'Aubert.
Les caricatures contre Louis-Philippe conduisent
l'artiste à la prison de Sainte Pélagie du 31 août
1832 au 27 janvier 1833. A sa sortie, Daumier continue
ses portraits-charges d'hommes politiques. Sa
lithographie, Le Ventre législatif présente
ainsi un grand nombre de députés caricaturés par
l'artiste. Cependant, les lois de septembre limitent les
satires politiques. Daumier change de sujet et réalise
des caricatures de moeurs jusqu'en 1848. Seuls Les
Robert-Macaire publiés dans le Charivari du
20 août 1836 au 25 novembre 1838 sous le titre Caricaturana
attaquent les dirigeants politiques de manière
détournée. Cette suite est très populaire à
l'époque. Plus tard, il reprend plus ouvertement la
satire politique, notamment, avec son personnage de
Ratapoil qui paraît dans Le Charivari à partir
de 1850. Observateur de son époque, il propose un grand
nombre de lithographies et de gravures sur
bois*.
Il a travaillé à La Chronique de Paris à L'Illustration
et au Journal des enfans (1833-1838), et a
illustré Le Musée pour rire (1839-1840 avec des
textes de Huart et Philipon), La Muette, Le
Temps illustré (fondé par Gavarni en 1860), Le
Figaro, La Mode, La Semaine ou Le
Monde illustré (1862-1868).
Ses suites les plus importantes sont : Les
Physiologies, Les Suites caricaturales, La
Grande ville, Le Musée Philipon, Les
Mystères de Paris, Les Rues de Paris. Dans
les années 1850, il propose également une série sur Les
croquis d'artiste et dans les années 1860 les
séries Avocats, Boulevard, Souvenirs
d'artistes et Amateurs.
Daumier a peu participé à l'édition Furne. Le nom
du dessinateur est mentionné sur quatre gravures sur
bois sur les cent seize que comporte cette publication.
Deux d'entre elles semblent être des originaux*, du
moins, les noms des graveurs n'apparaissent pas. Toutes
ses illustrations sont regroupées dans le tome IX
publié en 1843. Au début de cette entreprise
éditoriale, Balzac voulait donner Roguin à Daumier
(voir sa lettre d'octobre 1841 à Hetzel, p. 329). Cette
indication n'a pas été respectée. Par contre, la
physionomie du Père Goriot inventée par l'artiste sera
reprit par Bertall pour le frontispice de La Comédie
humaine et par Nanteuil pour l'édition Marescq.
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