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Notice établie par
Claire Scamaroni.
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Peintre, dessinateur, graveur et lithographe.
Né le 9 novembre 1803 à Offenbach-sur-le-Main (Allemagne).
Mort le 4 août 1852 à Paris.
Tony Johannot est le plus jeune des trois fils d'Anne-Marie-Elisabeth Geyss et de François Johannot. Son père dirige une manufacture de soieries à Offenbach-sur-le Main, en Allemagne, puis monte un atelier de
lithographie* à Francfort, pour imprimer des partitions musicales à faible coût.
En 1806, sa famille retourne en France, ruinée. Le fils aîné, Charles-Isaac, travaille alors comme graveur à
l'eau-forte* ou au
pointillé* d'après les dessins des deux
illustrateurs de livres de l'Empire, Alexandre-Joseph Desenne et Charles-Abraham Chasselat. Il initie à la gravure son cadet, Alfred, ainsi que Tony
(L'Histoire de Joseph, quatre planches gravées au pointillé d'après Chasselat, signées Johannot frères, vers 1820).
A la mort de Charles-Isaac en 1824, les deux frères prennent le relais. Ensemble, ils dessinent et gravent plusieurs séries à l'eau-forte (Œuvres de James-Fenimore
Cooper, 1827-1830) ou sur acier* (Œuvres complètes de Lord
Byron, 1827 ; Œuvres complètes de Walter-Scott, 1830-1832).
Au début des années 1830, Tony Johannot, plus talentueux et de santé plus robuste que son frère, se démarque. Proche des écrivains (Alfred de Vigny, Alexandre Dumas, Jules
Janin) et des artistes romantiques (Jean Gigoux, Gavarni), il prend part à leurs fêtes (décors pour le bal d'Alexandre Dumas en 1833), les reçoit dans son atelier et fréquente leurs cénacles, celui de Charles Nodier en particulier. Ce dernier, bibliothécaire à l'Arsenal, lui confie l'illustration d'un des ses romans :
L'Histoire du Roi de Bohême et de ses Sept Châteaux (1830). Tony Johannot dessine cinquante
vignettes* pour cet
ouvrage. La finesse de chacune de ces gravures marque le retour de la gravure sur bois*
dans le domaine de l'illustration. Cette technique sera
reprise avec succès par Jean Gigoux en 1835 pour le
Gil Blas de l'éditeur Jean-Baptiste Paulin.
S'il donne encore quelques dessins pour des gravures sur acier
(Notre-Dame de Paris, 1836), c'est surtout par ses gravures sur bois, exécutées bien souvent par Henri Désiré Porret, qu'il acquiert désormais sa renommée. Il est, avec Célestin Nanteuil,
un des illustrateurs romantiques les plus recherchés, multipliant les vignettes de couverture ou de page de titre pour les poésies et romans à la mode
(Harmonies poétiques et religieuses, par Alphonse de Lamartine, 1830 ;
Notre-Dame de Paris, par Victor Hugo, 1831 ; La Peau de Chagrin et
Romans et contes philosophiques, par Honoré de Balzac, 1831 ;
Nouveaux Contes philosophiques, 1832 ; Contes
bruns, recueil collectif, 1832).
Il donne bientôt huit cents dessins à Jean-Baptiste Paulin, l'éditeur de
Gil Blas, pour les Œuvres illustrées de Molière (1835-1836) et pas moins de sept cent cinquante six à
Jacques-Julien Dubochet pour
Don Quichotte (1836-1837).
Il travaille enfin pour plusieurs périodiques, revues ou journaux :
La Mode (vignette de
titre, 1829), Revue des
deux-mondes (vignette de titre, 1831),
La Silhouette (Le Rêve, lithographie, 1829-1830) et surtout
L'Artiste, pour laquelle il dessine la vignette de
titre (1831), de nombreuses lithographies et des eaux-fortes
(Une soirée d'artistes ou Salon de Charles
Nodier, 1831). La revue reproduit également plusieurs de ses bois, déjà édités dans divers ouvrages.
Après la mort de son frère en 1837, Tony Johannot reste un illustrateur très actif. Ses travaux pour Molière et Don Quichotte lui ont assuré un succès durable. Parmi les ouvrages illustrés les mieux accueillis on peut citer :
Paul et Virginie, par Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre (1838), dont il est l'illustrateur en chef, chargé des scènes dramatiques ;
Les Français peints par eux-mêmes de l'éditeur Léon Curmer, 1839-1842 ;
L'Ane mort et la femme guillotinée, par Jules Janin, 1842 ;
Mes Prisons, par Silvio Pellico, 1843 ; Le Voyage où il vous
plaira, par Tony Johannot, Alfred de Musset et P.J. Stahl, 1843 ;
Jérôme Paturot à la recherche de la meilleure des
Républiques, par Louis Reybaud, 1849 ; Raphaël, par Alphonse de Lamartine, 1850 ; les
Œuvres illustrées de George Sand, 1852. C'est durant cette période qu'il participe à l'illustration de
La Comédie humaine (1842-1846).
Après 1845, il grave de nouveau à l'eau-forte (Les
Souffrances du jeune
Werther, par Goethe, 1845, éd. Hetzel ; Les Contes de Charles Nodier, 1846 ;
Faust, par Goethe, 1847 ; Raphaël, par Alphonse de Lamartine, 1850) et donne de nouveaux modèles pour des gravures sur acier
(Les Souffrances du jeune Werther, 1845, éd. Crapelet ;
Le Comte de Monte Cristo, par Alexandre Dumas, 1846 ; les
Œuvres complètes de Pierre-Jean de Béranger, 1847).
Il travaille aussi pour des périodiques illustrés : le
Musée des Familles (illustrations pour
Le Château de Monsabré par Jules Sandeau), L'Illustration
(1844-1852) et le Magasin pittoresque (Un épisode de
carnaval, t. XVIII, p. 64 ; Une scène de voyage autour de ma
chambre, t. XXIII, p. 257).
Dessinateur et graveur avant tout, Tony expose néanmoins des tableaux au Salon où il reçoit une première médaille en 1831 pour une scène de genre
(Un soldat auquel une femme donne à boire). Dans les années 1840, ses envois se multiplient : douze toiles en 1848, et une nouvelle médaille.
Tony Johannot est décoré de la Légion d'honneur en 1840.
Il meurt le 4 août 1852 à Paris à l'âge de 49 ans.
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