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Notice établie par
Claire Scamaroni.
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Peintre, dessinateur, graveur et lithographe.
Né le 11 juillet 1813 à Rome.
Mort le 7 septembre 1873 à Bourron-Marlotte (Seine-et-Marne).
Né à Rome de parents français, il s'installe à Naples avec sa famille à la suite du roi Joseph Bonaparte. A la chute de l'Empire, il revient en France, à Paris, où Charles-François, son frère aîné, obtient le prix de Rome de sculpture en 1817.
Célestin Nanteuil commence son apprentissage très jeune, auprès du peintre Charles Langlois
et de Jean-Auguste-Dominique Ingres puis à l'Ecole des Beaux-Arts où il reste deux années, de 1827 à 1829.
Il fréquente l'atelier du sculpteur Jehan du Seigneur et le cénacle de Victor Hugo, rue Notre-Dame-des-Champs d'abord (1827-1830), place Royale ensuite (1832). Là, il rencontre Pétrus Borel, Alexandre Dumas, Gérard de Nerval et Théophile Gautier avec lesquels il prend part à la bataille d'Hernani en février 1830. Ami de Victor Hugo, il accompagne l'écrivain et sa maîtresse Juliette Drouet dans leur voyage en Normandie en 1836. Il est aussi l'un des hôtes et l'un des décorateurs des festivités romantiques (décor pour le bal d'Alexandre Dumas en 1833 ; décor pour le festival de l'impasse du Doyenné en 1835).
Mais surtout, proche des écrivains, poètes et dramaturges, il est, avec Tony Johannot,
un de leurs illustrateurs privilégiés.
Il grave des frontispices* à
l'eau-forte* pour leurs romans (quatre frontispices pour les
Œuvres de Victor Hugo en 1832 : Notre-Dame de
Paris, Burg-Jargal, Le Dernier Jour d'un condamné, un portrait de l'écrivain ; le frontispice de
Marie Tudor, 1833 ; le frontispice des Jeunes-France, romans
goguenards, par Théophile Gautier, 1833 ; un frontispice pour chacun des deux volumes de
Venezia la Bella, par Alphonse Royer, 1833).
Il reproduit les décors et costumes de leurs pièces dans
L'Artiste ou Le Monde Dramatique (portrait lithographié de Marie Dorval en Catarina Bragadini, dans
Angelo de Victor Hugo, 1833 ; décor du premier acte de
La Esmeralda, opéra d'apràs Notre-Dame de
Paris, 1836).
Il compose enfin des lithographies* pour les pages de titre de leurs poèmes mis en musique par Hippolyte Monpou
(Madrid par Musset, 1832 ; Sur la mer par Théophile Gautier, 1837 ;
Gastibelza par Victor Hugo, 1840).
Dans ses œuvres les mieux accueillies, les frontispices des
Œuvres de Victor Hugo, La Jolie Fille de la Garde (une grande eau-forte de 1836, médaillée au Salon en 1837) et les encadrements de page lithographiés de
La Picardie et du Languedoc (deux volumes des
Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne
France, par Charles Nodier et le baron Taylor, 1833-1837), Célestin Nanteuil puise dans le répertoire décoratif et iconographique du Moyen-Age et le réinterprète. Par ce biais, il renouvelle l'art du livre illustré, créant des compositions néogothiques fantaisistes et foisonnantes, souvent étranges, marquées par de forts contrastes de noir et de blanc.
Dans les années 1840, Célestin Nanteuil participe toujours activement à l'illustration de livres, donnant plusieurs dessins pour des
gravures sur
bois*, souvent signés avec Henri Baron et François-Louis Français
(Les Aventures de Télémaque, par Fénelon, 1840 ;
La Jérusalem délivrée, par Le Tasse, 1841 ; Roland
Furieux, par L'Arioste, 1844 ; Les Aventures du chevalier de
Faublas, par Louvet de Couvray, 1842-1848 ; Picciola, par Saintine, 1843 ;
Mathilde, Mémoires d'une jeune-femme, par Eugène Sue, 1845 ;
L'Espagne pittoresque, par Manuel de Cuendias et V. de Féréal, 1848). C'est à cette époque qu'il participe à l'illustration de
La Comédie humaine de Balzac (1842-1846), puis, quelques années après, aux
Œuvres illustrées de Balzac de l'éditeur Marescq (couvertures de
livraisons et vignettes de
titre, 1851-1853).
Il compose également de multiples lithographies au crayon pour des pages de titre de romances et reproduit les tableaux de ses contemporains sous forme d'eaux-fortes et de lithographies dans la revue
L'Artiste ou pour les éditions de Bertauts (La Barque de
Dante, d'après Delacroix ; Femmes des environs de
Rome, d'après Decamps ; Homme lisant, d'apràs Meissonier). Il publie enfin quelques lithographies sur des sujets
originaux
(La Rue de la Vieille Lanterne, parue dans L'Artiste à la mémoire de Gérard de Nerval, 1855).
Médaillé aux Salons de 1837, 1848, 1861 et 1867 pour son œuvre peint, il représente essentiellement des scènes de genre et des allégories
(Tentation, Perdition, 1859). Plusieurs toiles ont également pour thème un épisode de l'histoire de Don Quichotte
(Les Lectures de Don Quichotte, 1873). Le paysage enfin occupe une place importante
dans ses compositions (Rayon de soleil, 1848). L'artiste connaît les peintres de paysage de Barbizon et peint lui même en plein-air sur un canot, à Bougival, aux environs de Paris. Ses tableaux, perdus pour la plupart, sont connus aujourd'hui par des eaux-fortes et des lithographies.
Célestin Nanteuil a participé au comité chargé de la réorganisation des Beaux-Arts en 1848. Nommé conservateur de musée de Dijon et directeur de l'école impériale des Beaux-Arts de cette ville en 1867, il est décoré de la Légion d'honneur l'année suivante.
Célestin Nanteuil meurt à Bourron-Marlotte en
Seine-et-Marne le 7 septembre 1873.
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