Lise London, née Ricol, voit le jour le 15 février
1916, à Monceau-les-Mines, en France. Ses parents, espagnols,
ont émigré en France, chassés de leur Aragon
natal par la misère. Son père, mineur, est atteint
de silicose. Membre du Parti communiste, il éduque Lise
et ses deux sœurs dans l’amour de l’Union soviétique
et de ses idéaux. A 14 ans, Lise est militante des Jeunesses
Communistes à Vénissieux, près de Lyon. En
avril 1934, elle part en Union soviétique et travaille au
Bureau du Komintern. Elle fait la connaissance à Moscou
d’Arthur London, communiste tchèque. En septembre
1936, tous deux s’engagent dans la Guerre d’Espagne.
Lise travaille jusqu’en juillet 1938 au Quartier Général
des Brigades internationales d’Albacéte. Elle rentre
alors à Paris et met au monde son premier enfant, une petite
fille prénommée Françoise, née en novembre
1938.
Dès juillet 1940, Lise entre dans la Résistance.
Elle est membre de la direction du mouvement des Femmes patriotes
de la Région Ile-de-France. En août 1942, elle prend
la tête d’une manifestation en plein cœur de Paris
et appelle à la lutte armée. Arrêtée
et emprisonnée, elle est jugée un an plus tard, le
15 juillet 1943, par le Tribunal d’Etat français,
qui requière sa condamnation à mort. Elle doit la
vie à la naissance, en prison, de son fils Gérard,
né le 3 avril 1943. Condamnée aux travaux forcés à perpétuité,
elle est déportée à Ravensbrück en mai
1944. Comme son mari, Arthur London a, lui aussi, été déporté dans
les camps de concentration nazis, ce sont les grands-parents Ricol,
qui s’occupent déjà de leur petite fille, Françoise,
et vont prendre le bébé en charge.
Le 21 juillet 1944, Lise London est envoyée dans le kommando
de Hasag-Leipzig, un camp extérieur de Buchenwald, où elle
occupe le poste de Stubova (responsable de chambrée) dans
le block des Françaises. Cette fonction lui permet d’apporter
quelques soulagements à ses camarades et de renforcer leur
volonté de survivre et de résister. Lise parvient à s’évader
avec quelques camarades, au cours de la marche d’évacuation
du camp qui commence le 13 avril 1945. Elles sont libérées
par un groupe de soldats américains le 8 mai 1945. Fin mai,
Lise est rapatriée à Paris avec un convoi de prisonniers
de guerre.
Après sa libération, Lise London devient Secrétaire
de l’Union des Femmes Françaises (UFF). En 1949, elle
part à Prague avec ses enfants pour rejoindre son mari,
Arthur London, devenu vice-ministre des Affaires étrangères.
Un troisième enfant, Michel, vient au monde en 1950. Son
mari est arrêté en janvier 1951 et condamné à l’issue
du procès stalinien, le Procès Slansky. Il figure
parmi les rares accusées qui échappent à la
peine capitale. La famille retourne en France. En 1968, Arthur
London est réhabilité et le gouvernement tchèque
lui remet la plus haute distinction d’Etat.
Lise London est l’auteur de plusieurs ouvrages « Le
Printemps des Camarades » et « Souvenirs de Résistance,
la Mégère de la rue Daguerre ». Elle est co-auteur
avec son mari du livre « L’aveu ». En 1996, elle
obtient la Citoyenneté d’Honneur d’Espagne,
au titre d’ancienne combattante de la Guerre d’Espagne.
Elle est Commandeur dans l’Ordre de la Légion d’Honneur.
Lise London vit à Paris.
Lise London a été astreinte à un travail d’esclave
dans le kommando de Hasag-Leipzig, un camp extérieur de
Buchenwald.