MEMORIAL DU MARECHEL LECLERC DE HAUTECLOCQUE ET DE LA LIBERATION DE PARIS MUSEE JEAN MOULIN
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Les femmes oubliées de BUchenwald
 
             
 
Lise London, 2004
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Lise London

« La valeur de la vie ne se mesure pas au nombre d’années vécues, mais à sa richesse et à la profondeur de l’empreinte que nous laissons derrière nous sur terre. »

[Chez elle, à Paris, 2000]
 
       
Lise London, née Ricol, voit le jour le 15 février 1916, à Monceau-les-Mines, en France. Ses parents, espagnols, ont émigré en France, chassés de leur Aragon natal par la misère. Son père, mineur, est atteint de silicose. Membre du Parti communiste, il éduque Lise et ses deux sœurs dans l’amour de l’Union soviétique et de ses idéaux. A 14 ans, Lise est militante des Jeunesses Communistes à Vénissieux, près de Lyon. En avril 1934, elle part en Union soviétique et travaille au Bureau du Komintern. Elle fait la connaissance à Moscou d’Arthur London, communiste tchèque. En septembre 1936, tous deux s’engagent dans la Guerre d’Espagne. Lise travaille jusqu’en juillet 1938 au Quartier Général des Brigades internationales d’Albacéte. Elle rentre alors à Paris et met au monde son premier enfant, une petite fille prénommée Françoise, née en novembre 1938.
Dès juillet 1940, Lise entre dans la Résistance. Elle est membre de la direction du mouvement des Femmes patriotes de la Région Ile-de-France. En août 1942, elle prend la tête d’une manifestation en plein cœur de Paris et appelle à la lutte armée. Arrêtée et emprisonnée, elle est jugée un an plus tard, le 15 juillet 1943, par le Tribunal d’Etat français, qui requière sa condamnation à mort. Elle doit la vie à la naissance, en prison, de son fils Gérard, né le 3 avril 1943. Condamnée aux travaux forcés à perpétuité, elle est déportée à Ravensbrück en mai 1944. Comme son mari, Arthur London a, lui aussi, été déporté dans les camps de concentration nazis, ce sont les grands-parents Ricol, qui s’occupent déjà de leur petite fille, Françoise, et vont prendre le bébé en charge.
Le 21 juillet 1944, Lise London est envoyée dans le kommando de Hasag-Leipzig, un camp extérieur de Buchenwald, où elle occupe le poste de Stubova (responsable de chambrée) dans le block des Françaises. Cette fonction lui permet d’apporter quelques soulagements à ses camarades et de renforcer leur volonté de survivre et de résister. Lise parvient à s’évader avec quelques camarades, au cours de la marche d’évacuation du camp qui commence le 13 avril 1945. Elles sont libérées par un groupe de soldats américains le 8 mai 1945. Fin mai, Lise est rapatriée à Paris avec un convoi de prisonniers de guerre.
Après sa libération, Lise London devient Secrétaire de l’Union des Femmes Françaises (UFF). En 1949, elle part à Prague avec ses enfants pour rejoindre son mari, Arthur London, devenu vice-ministre des Affaires étrangères. Un troisième enfant, Michel, vient au monde en 1950. Son mari est arrêté en janvier 1951 et condamné à l’issue du procès stalinien, le Procès Slansky. Il figure parmi les rares accusées qui échappent à la peine capitale. La famille retourne en France. En 1968, Arthur London est réhabilité et le gouvernement tchèque lui remet la plus haute distinction d’Etat.
Lise London est l’auteur de plusieurs ouvrages « Le Printemps des Camarades » et « Souvenirs de Résistance, la Mégère de la rue Daguerre ». Elle est co-auteur avec son mari du livre « L’aveu ». En 1996, elle obtient la Citoyenneté d’Honneur d’Espagne, au titre d’ancienne combattante de la Guerre d’Espagne. Elle est Commandeur dans l’Ordre de la Légion d’Honneur.
Lise London vit à Paris.
Lise London a été astreinte à un travail d’esclave dans le kommando de Hasag-Leipzig, un camp extérieur de Buchenwald.

 
 
     
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