MEMORIAL DU MARECHEL LECLERC DE HAUTECLOCQUE ET DE LA LIBERATION DE PARIS MUSEE JEAN MOULIN
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Les femmes oubliées de Buchenwald
 
             
 
Suzanne Orts, 2004
     

Suzanne Orts

« L’amour de ma mère m’a été d’une grande consolation dans le camp. Mais ce fut très dur pour elle de me voir souffrir du froid, de la faim, travailler comme une esclave et de ne rien pouvoir pour moi. »

[Chez elle à Saint-Clément de Rivière, 2001]

 
       

 

Suzanne Orts, née Pic, voit le jour à Sète, le 12 avril 1927. Son père était contrôleur des impôts, sa mère femme au foyer. Son frère, de cinq ans son aîné, jouera un rôle essentiel dans ses choix politiques.
En 1943, elle est encore lycéenne, lorsqu’elle s’engage dans la Résistance gaulliste. Elle est agent de renseignements du réseau « Marco-Polo » et s’occupe principalement, avec l’aide de sa mère, également membre du réseau, de recueillir des informations sur les positions des défenses allemandes dans le Sud de la France. Le 21 mai 1944, Suzanne est arrêtée sur dénonciation, internée dans la citadelle de Perpignan et rejointe quelques jours plus tard par sa mère et son frère. Elle est déportée avec sa mère parmi un groupe d’une soixantaine de femmes, tout d’abord à Neue Bremm, un camp de concentration près de Sarrebrück, puis à Ravensbrück. Le 20 juillet, les SS l’envoient dans le kommando de Hasag Leipzig, un camp extérieur de Buchenwald. Suzanne travaille douze heures d’affilée, en équipe de nuit, dans un atelier qui fabrique des obus. Un jour, elle se prend les cheveux dans une rotative. Elle est très gravement scalpée. Le 13 avril 1945, les SS vident le camp et jettent les femmes sur les routes d’une terrible marche de la mort. Suzanne tient le coup jusqu’au 22 avril. A Cavertiz en Saxe (près de Oschatz), sa mère et elle, ainsi que quelques camarades s’arrêtent et trouvent de l’aide auprès d’un groupe de prisonniers de guerre français. Le 25 avril, les troupes soviétiques franchissent l’endroit où elles se trouvent. Les femmes passent en zone d’occupation américaine. Le 18 mai 1945, avec un groupe important de Français libérés, Suzanne et sa mère sont rapatriées par avion à Paris.
En 1946, elle épouse Guy de Swetschin, un camarade de résistance du réseau « Marco-Polo ». La même année naît une petite fille, Nicole. Guy de Swetschin, déporté à Dachau, s’engage en Indochine, où il décèdera. En 1947, Suzanne est atteinte de tuberculose pulmonaire. Un an plus tard, les médecins diagnostiquent également une tuberculose osseuse. Malgré les traitements, Suzanne ne se remettra jamais tout à fait. Elle n’aura pas la force de poursuivre ses études. En 1951, elle épouse Elie Orts. Depuis 1976, elle est très active au sein de différentes associations et amicales de Français déportés. Ses témoignages auprès d’élèves ainsi que leurs questions la conduisent, en 1990, à entreprendre pour la première fois, l’écriture de ses mémoires de déportation.
Suzanne Orts vit à Saint-Clément de Rivière.
Suzanne Orts fut astreinte à un travail d’esclave dans le kommando de Hasag Leipzig, un camp extérieur de Buchenwald.

 
 
     
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